Et Dieu dans tout ça ?

Agnostiques, qui par principe n’êtes ni pour ni contre, bien au contraire, comme dit le poète, Dieu, c’est vous !

C’est pas une bonne nouvelle, ça ?! Depuis le temps que vous vous posiez la question de savoir s’il existait vraiment.

Par contre, si vous considériez la question dénuée de tout intérêt, vous pouvez continuer à vaquer de votre petit air mutin, mais vous ne serez jamais Dieu. Faut le savoir. Sauf pour votre maman, bien sûr. Et encore ! Si vous êtes un garçon et si vous avez une mère juive. Attention toutefois, comme le soulignait Paul Watzlawick dans « Faites vous même votre malheur  », une mère juive peut très bien être un camionneur italien.

Je recommande d’ailleurs très vivement cet ouvrage à tous ceux de nos amis qui, tout à coup, découvrent que leur existence ne va certes pas très bien, mais pas trop mal non plus, ce qui est inconcevable.

Ils trouveront dans cet ouvrage nombre de conseils pratiques pour vite re-perdre toute confiance en soi, se considérer comme totalement nul (le) , moche, incapable de se faire des amis ou de les garder, de tenir une conversation intéressante, de plaire à qui que ce soit, forcément, avec ces nibards qui tombent ou ces couilles molles, bref, toutes ces sortes de choses qui font les délices d’une vie complètement pourrie.

Amis dans ces dispositions, c’est le moment de vous suicider ! La plupart de vos connaissances sont en vacances, vous ne les emmerderez pas avec vos funérailles. Vous aurez raté même votre enterrement ! Que demande le dépressif !?

Mais Dieu dans tout ça ?

Voilà, voilà.

Jusqu’à présent, le mécréant, pour faire valoir ses arguments, se servait, le naïf, à bout de raisonnements, de toutes les découvertes que la Science propose à l’intelligence humaine et ses environs immédiats. La Science, malheureusement pour elle, est tenue par des gens souvent très embêtants, rigolant peu, tirant quelquefois la langue en public, mais c’est rare, et tenant à démontrer par l’expérience ou même pire, lorsque l’expérience n’est pas possible, les statistiques – quand ce ne sont pas les deux à la fois – que deux et deux font quatre ; quelques fois même des choses encore plus difficiles à admettre pour celui qui refuse de discuter le prophète qui a déclaré que deux et deux font cinq, mais attention : ça peut changer. Et que tu iras en enfer si tu hausses les épaules.

Mécréant et petit raisonneur mesquin, c’est tout du même.

Le croyant, veinard, a toujours eu à sa disposition toute l’étendue de l’imaginaire humain pour contrer les pauvres arguments du mécréant et, d’autre part, ne s’est jamais senti une obligation de preuve. Les mots et leur agencement, contenant, en eux-mêmes, la preuve.

Charles Dawkins, lui-même, avec son livre «  Pour en finir avec Dieu », n’en a fini avec rien ! Forcément.

Personnellement, j’en étais arrivé à cette conclusion, purement spéculative ( que vous avez bien déjà du lire dans ce blog, je devrais me relire, je sais !) que Dieu existe bel et bien, mais seulement dans la tête de ceux qui y croient.

Et Basta !

Ah oui ? S’exclame le croyant, qui n’hésite jamais à se servir même d’arguments qu’il conteste chez son contradicteur : «  Et comment tu le prouves ?  Par la méthode expérimentale ? Les statistiques ? »

Et de ricaner bêtement. Fallait s’y attendre .

Je ne sais pas si le Pr Nicholas Epley ( Epley beaucoup, si, si, il n’est pas vilain garçon apparemment, voir photo ci-dessous)

Nicholas Epley

Le site de Nicholas Epley

a été lui aussi fatigué par les ricanements, en tout cas, il a pris le taureau par les cornes. ( Faut quand même être con pour faire une chose pareille. Selon moi, qui ne connait rien à la tauromachie, le prendre par les couilles, c’est plus prudent. Ça peut se faire en catimini par-derrière. C’est lâche, je sais, c’est petit, mais moins dangereux qu’une approche de face, non ? Enfin, tout dépend, sans doute, de ce qu’on a l’intention de faire au taureau).

Le professeur Epley, foin de discussions oiseuses, à sorti la technologie, la ferraille, le hardware moderne qui ne se discute pas: l’IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique et non pas Institut Royal Météorologique).

Et à partir de là, je résume outrancièrement: Il a découvert que lorsque le croyant en Dieu évoque de Dieu, ça active la même région du cerveau que lorsqu’il s’agit de lui-même. Et aucune autre. Et ça se voit, se photographie même !

Il en conclut, ce bon professeur, que celui qui croit en Dieu est plus égocentrique que celui qui croit, par exemple, à la dictature du prolétariat ou à la main invisible du marché. Ces exemples sont de moi. Vous pensez si j’allais me gêner.

Mais peut-être Nicholas Epley n’avait-il pas dans ses cobayes des adeptes de ces sortes de croyances.

Ou qu’il n’a pas pensé à leur demander.

Personne n’est parfait.

Ou alors, comme la publication est en anglais, il y a des choses qui m’ont échappé. Si bien que je ne sais pas si parmi ses patients il y avait des mécréants complets, comme moi, qui ne croient rigoureusement en rien du tout, voire s’entraînent tous les jours à se débarrasser de toute croyance, par souci de mieux jouir de ce qui existe vraiment et qu’on pourrait améliorer demain.

Il est prudent, le Pr Epley. Plus égocentrique, le croyant mythique, dit-il. Il y a sans doute des choses que la pieuse Amérique n’est pas prête à entendre.

Car la seule manifestation tangible, palpable, incontestable, de l’existence Dieu étant le croyant lui-même, il est fort difficile de s’empêcher de conclure de cette expérience que Dieu et le croyant c’est kif-kif, comme disent les fumeurs de tabac-qui-fait-rire.

Il ne connaît pas son bonheur, le bougre ! Car il est toujours de son avis, le croyant : le sien et celui de Dieu. Si le croyant est raciste, Dieu n’aime pas les nègres, s’il est homophobe, Dieu n’aime pas les pédés, etc. nous dit l’étude du Prf Epley et de ses acolytes.

Pas de conflit, ajoute Noirret. Qui subodore même l’auto-allumage permanent. Parfois ça s’emballe et là, bonjour les dégâts.

Voilà qui explique pourquoi Dieu est amour : comment ne pas aimer une entité supérieure qui vous choie à ce point? Tellement soucieuse de votre petite personne ? Et pas fière avec l’ouvrier, puisque même ouvrier, elle prend soin de vous, comme si vous étiez le roi du pétrole . Qui répond à toutes vos questions, vos soucis, vos inquiétudes, même en pleine nuit, votre sainte ignorance, qu’elle transforme en certitudes, quand c’est utile, surtout si elle se donne l’apparence du doute.

Ça explique aussi pourquoi le croyant déteste le mécréant, rêve de sa disparition et parfois passe aux actes : le croyant n’aime pas qu’on ne l’aime pas ! Voilà tout, qu’on n’aime pas la Vérité, alors qu’il est la Vérité.

Bête comme Dieu ! dira peut-être un jour, grâce au bon professeur Epley, la rumeur publique, consciente de l’injustice faite aux choux.

Arrivés là, vous devriez, raisonnablement, commencer à vous lasser de mes commentaires. Vous pouvez donc maintenant lire toute l’étude à l’adresse suivante :

http://faculty.chicagobooth.edu/nicholas.epley/html/publications.html

Article : Epley, N., Converse, B.A., Delbosc, A., Monteleone, G., & Cacioppo, J. (2009).  Believers’ estimates of God’s beliefs are more egocentric than estimates of other people’s beliefs.  Proceedings of the National Academy of Sciences, 106, 21533-21538. To download the paper, click here.

C’est en anglais, comme je disais.

Et maintenant, les questions de fond

Un de mes correspondants, Willy W. m’ayant fait parvenir la séquence suivante, je l’en félicitais tout en lui disant que Georges Bush arrivait à faire presque la même chose avec son cerveau. Il me répondit que non car « Il ne réussissait pourtant pas à faire claquer en cadence ses deux hémisphères cérébraux. Le monde entier l’aurait su. Il aurait pu se recycler dans le Music-hall – sauf le respect dû aux artistes de Music-hall. »

Encore un qui ne croit en rien. Tsssss!

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A vous de juger et n’oubliez pas de me donner votre avis.

Bonjour chez vous. S’il n’y a personne, c’est que vous êtes parti en vacances.

Ode à la merde

Avant d’entrer dans le vif, une petite mise en bouche, si j’ose dire vu le titre de mon article :

http://www.youtube.com/watch?v=PJTmeVOOcq0

Regardez, ça vaut le coup !

On croirait un extrait du film « Les barons », mais version islamiste. Sans, bien entendu, le moindre deuxième degré. Déjà, là, nos amis peinent à atteindre le premier. Il est vrai que leur prophète était, notoirement, un illettré, doublé d’un sérieux agité du bocal. Ils sont donc dans la ligne ! Et Allah est plus grand que jamais.

On me dira que ça n’a rien à voir avec le sujet de cet article. En y réfléchissant un peu, si !

Mais trêve d’agités du coran.

En septembre dernier, je vous avais proposé une version de cette Ode à la merde, déclamée dans les milieux estudiantins, mais manifestement anonyme.

J’en ai trouvé une version signée.

Elle date de 1807, par Mr de Pèressoncu. Si, si.

En réalité, il s’appelait Pierre Cusson, était un éminent professeur de l’Université de Montpellier, enseignant, les mathématiques, l’hydrographie et la botanique.

Estimé par les savants de l’époque, Linné, nous dit-on, lui dédia un genre, « La cussonia », une allée du Jardin des plantes de Paris porte son nom.

Vous allez lire cela sur un écran d’ordinateur et si d’aventure vous l’imprimez, vous n’aurez, graphiquement, que ce que vous méritez !

Cette Ode à la merde est parue sous forme d’une plaquette très réussie, le genre de publication qui fait honneur à sa bibliothèque, du moins quand on aime les bouquins.

Petite parenthèse, on nous dit qu’une menace planerait sur le livre lui-même depuis l’apparition du livre électronique ( ta mère ?). Je ne pense pas. De même que le cinéma n’a pas tué le théâtre, rien ne remplacera un vrai beau livre, édité avec soin et goût.

D’autres vouent ce livre électronique aux gémonies, considérant que c’est une saloperie industrielle de plus, dont on n’a pas besoin, qu’on va nous imposer, dont on ne pourra plus se passer et la planète va encore en prendre un peu plus plein la gueule.

On se calme.

Comme saloperie industrielle, l’imprimerie, c’est pas non plus !

Depuis, la déforestation, en passant par les divers transports, les machines, les produits servant à la transformation, puis à l’imprimerie etc. c’est un beau désastre ! Et sans doute pourrait-ton se passer de 90% de ce qui est publié. Mais là : stop ! Je n’aimerai pas que ce que j’aime lire se trouve dans les 90% qu’on ne publierait plus.

De plus, le livre, bien que je ne sois pas près de m’en passer, n’est pas une nécessité de l’évolution biologique du genre humain, qui s’en est passé pendant des millénaires. Il nous a, en somme, été imposé, comme produit industriel, depuis l’invention de l’imprimerie par Gutenberg.

Il serait intéressant d’avoir une étude comparée des nuisance écologiques du livre classique et du livre électronique.

Revenons à cette belle plaquette éditée par la collection « KK bouquins », ils n’ont peur de rien aux éditions L’Archange Minotaure, éditeur en plein midi.

De plus l’ouvrage est enrichi de de cinq culs de lampe, peints, nous dit-on, par le Kalloscagathos. Qui c’est cui-là ?

Que nous dit ce bon Monsieur ou Madame Wikipédia :

« Kalos kagathos (en grec ancien: gκαλὸς κἀγαθός) est une expression idiomatique utilisée dans la littérature grecque ancienne. Cette locution est la forme abrégée (il s’agit d’une crase) de kalos kai agathos (καλὸς καὶ ἀγαθός), qui signifie littéralement « beau et bon ».

Cette expression était utilisée pour décrire un certain idéal de l’être humain, tant sur le plan intellectuel que sur le plan physique.

Pour les Grecs, avoir un corps d’athlète allait de pair avec le fait d’être cultivé et vertueux. »

Ça ! il vont y revenir au corps d’athlète, les grecs : plus un poil de gras en trop, le FMI, va y veiller. Pour ce qui est d’être vertueux, là, bien sûr, on rigole, car, comme d’hab,  les dirigeants qui ont mit ce pays dans la merde (c’est le sujet aujourd’hui, je vous le rappelle) n’ont pas été trempés dans le goudron avant d’être enduits de plumes. Ces malandrins sont toujours au pouvoir et pour ce qui est de devenir vertueux eux-mêmes, ça aussi, on peut compter dessus.

Bon alors, on y va ?

Oui, oui, ça vient. Mais je dois vous prévenir que c’est un peu long, que c’est bien scato, et que je ne vous en recommande pas la lecture comme apéro.

Toutefois, si un jour vous êtes invité à un banquet de bienfaisance chez Mme la Baronne, déclamez ce poème au dessert : succès garanti.

Finalement, si, en guise de critique,  je disais de ce texte qu’il est d’un goût à chier, je pense que l’auteur, s’il était encore de ce monde, en serait particulièrement honoré.

Ode à la merde

Que d’une crapule honteuse

Le buveur chante les plaisirs ;

Que l’amant, d’une voix pleureuse,

Fredonne d’ennuyeux soupirs :

Merde charmante! merde pure !

Fille aimable de la nature,

je chante tes attraits divins !

Puisse la lyre que je touche,

Te mettre à jamais dans la bouche

Et dans le nez de mes voisins !

*

J’implorerais, claire Hippocrène,

Le secours vanté de tes eaux,

Si l’on voyait, sur ton arène,

La Merde rouler à grands flots ;

Mais, puisque l’élément humide

Au sacré vallon seul préside,

Vous, Muses, animez mes chants :

A mes regards, troupe savante,

Offrez l’image ravissante

De neuf étrons encore fumants.

*

Que tout s’efforce, que tout chie :

Hommes, femmes, jeunes, barbons,

Que tout cul soit de la partie,

Haut les jupes, bas les caleçons.

Que vois-je! sur plus d’une file

Une troupe, à ma voix docile,

A déjà mis voiles au vent !

L’air soupire, le parfum vole,

Et parmi les sujets d’Éole,

La Merde sort en murmurant (1).

*

La scène change, et me présente

Des objets plus délicieux,

Odeur plus vive et plus piquante,

Spectacle encore plus pompeux.

Non; le pinceau du grand Apelle,

Par le tableau le plus fidèle,

Ne l’exprimerait qu’à demi.

Muses, achevez votre ouvrage ;

Dites ce qu’une telle image

Présente à chaque sens ravi.

*

Essaim nombreux, brillante armée

D’étrons nouvellement mis bas,

Quels plaisirs à l’âme charmée

Offrez-vous et n’offrez-vous pas !

Variété dans la figure,

Élégance dans la tournure,

Coloris diversifiés,

Différents degrés de mollesse,

Fumets exquis de toute espèce,

Goûts, enfin, les plus variés.

*

Lorsque chacun, en sa manière,

M’invite à tracer ses beautés,

Pourquoi tous, par un sort contraire,

Ne pourriez-vous être chantés ?

Étrons mâles, étrons femelles,

Étrons bien nourris, étrons grêles,

Étrons foireux, étrons moulés,

Étrons à face basanée,

Étrons à trogne enluminée,

Étrons sur vous-mêmes roulés.

*

Périsse à jamais la mémoire

Des Sybarites insensés,

Qui mirent une fausse gloire

A vous loger tous entassés !

Lieux d’aisance, lieux à l’anglaise,

Lieux inventés par la fadaise,

Vous ne présentez rien d’entier ;

Pour jouir du spectacle unique

D’un Étron en forme conique,

C’est au grand air qu’il faut chier.

*

On aime à voir de son ouvrage

La correcte proportion;

L’instinct de l’homme le plus sage

L’attache à sa production.

Sitôt qu’il est devenu père,

D’un œil joyeux il considère

L’être auquel il donne le jour ;

Et, tout en se grattant la fesse,

Avec complaisance il se baisse

Pour en admirer le contour (2).

*

Dieux! quel spectacle se prépare !

Quelle nouvelle volupté !

J’aperçois ce peuple tartare,

Au teint jaune, au nez épaté,

Assis sur un trône d’ivoire

Où repose sa sainte Foire,

C’est le grand Lama (3) que je vois !

La Foire coule; on la mitonne ;

En pastilles on la façonne :

Elle est… pour la bouche des rois.

*

Mais laissons ces hordes païennes,

Errer sous leurs âpres climats ;

Les régions européennes

Ont bien aussi leurs grands Lamas !

Princes, de leur merde sacrée

Sucez l’ambroisie épurée !

Pour vous seuls leurs culs sont féconds,

Laissez à nos femmes crédules,

Leurs indulgences et leurs bulles ;

Mais réservez-vous leurs étrons.

*

Que des préjugés de l’enfance

Cesse la tyrannique loi ;

Que les sens et l’expérience

Décident entre vous et moi :

Flairez cette Foire dorée,

Goûtez cette Merde sucrée,

Et ces Étrons musqués surtout :

Puis, dites-moi si la nature

Offre de volupté plus pure

Dans ce qui flatte votre goût ?

*

Gourmands, qui des mets les plus rares,

Goûtez à peine les douceurs ;

Vous, de Flore amateurs bizarres,

Et vous, partisans des senteurs ;

Sur vos délicieuses tables,

Dans vos parterres agréables,

Dans vos sultans, dans vos sachets,

Fut-il jamais rien que n’efface,

Par son parfum, son goût, sa grâce,

Un ambigu d’Étrons tous frais ?

*

Aimable résidu du chyle,

Par qui nos sens sont soutenus,

En renonçant à votre asile,

Nos premiers regards vous sont dus (4).

C’est ainsi que s’explique encore,

Pour la merde qui vient d’éclore,

L’amour vif que nous lui portons ;

Il nous forçait, dans l’âge tendre,

De la contempler, de lui rendre

Des hommages bien plus profonds (5).

*

Un étron du mélancolique

Met en fuite la sombre humeur ;

L’infortuné dysentérique,

Pour chier brave la douleur.

Lorsque, longtemps emprisonnée,

La Merde, en crottins façonnée,

Se prête enfin à nos efforts,

Ou que, liquide et trop contrainte,

Nous lui donnons l’essor sans crainte,

Qui pourrait peindre nos transports !

*

Non ; libre dans son cours, l’urine

N’offrit jamais tant d’agréments ;

Les dons de la chaste Lucine

Sont achetés par les tourments.

Se faisant jour sans violence,

Aux humains la Merde dispense

Des plaisirs innocents et vrais (6) ;

Ah! combien est digne d’envie

L’heureux cul qu’elle gratifie,

Trois fois par jour, de ses bienfaits !

*

Le matin, lorsque la lumière

Du mortel a frappé les yeux,

Il ouvre gaîment sa carrière

Par un étron délicieux.

Un second, non moins agréable,

Après s’être levé de table,

Est du dîner le digne fruit ;

La fin d’une heureuse journée,

Par un troisième est couronnée

Des charmes d’une douce nuit.

*

Des soins d’une mère zélée,

Homme ingrat, reconnais le prix ;

Verra-t-on la merde foulée,

Toujours en butte à tes mépris (7) ?

Si ton cour, que le faux captive,

Par sa beauté, pure, naïve,

Ne veut point se laisser charmer,

Que ses précieux avantages

Enlèvent enfin tes suffrages,

Et te contraignent à l’aimer.

*

Pourquoi cet appareil immense

Dans l’ordonnance d’un festin ?

Pourquoi ce soin, cette dépense,

Ayant la merde sous ta main ?

De tes biens, contempteur bizarre,

Après l’étranger et le rare

Te verrai-je toujours courir ?

Cette Merde, à tes yeux si vile,

Assure à ton goût difficile,

Moins de peine et plus de plaisir.

*

Dans ces lieux où la bonne chère

Offre les plus friands morceaux,

Ton goût à tous les goûts préfère

La Merde de certains oiseaux.

A travers un dégoût funeste,

La nature se manifeste :

Remplis ta destination !

Non; les Merdes les plus exquises

Près de celles que tu méprises,

Ne méritent pas un tel nom (8).

*

Plaidez une cause si belle,

Parlez, animaux délicats (9),

Vous, dont la langue sensuelle

D’un Étron fait un doux repas ;

Parlez, malades prétendues,

Vous à qui vos couleurs perdues (10),

Rendent un goût si naturel :

Du lit de merde où tu reposes,

Plus doux pour toi qu’un lit de roses,

Parle, ombre du grand PAPAREL(11) !

*

Vous tous, qui masquez la nature (12),

De votre art usez les détours ;

L’enfant, séduit par l’imposture,

Boit le suc qui sauve ses jours (13).

Que, d’une écorce revêtue,

La merde ne frappe la vue

Que sous des dehors imposants !

Auteurs d’une erreur salutaire,

Sur une aussi riche matière,

Que ne feront pas vos talents ?

*

Que vos sauces en soient nourries,

Qu’elle compose vos coulis,

Que son suc, aux viandes rôties,

Donne ce brillant coloris !

Crème, pâtés, tourtes, terrines,

Glaces, biscuits, gaufres, pralines,

Que tout chez vous soit aux étrons,

De vos ragoûts, seuls aromates,

Farines, de toutes vos pâtes,

Et sucre de tous vos bonbons !

*

Ne cherchez point au sein de Flore

Des essences pour vos cheveux,

Muguets fringants, la Merde encore

Vous offre un parfum précieux.

Laissez chez le noir insulaire

Cette plante peu nécessaire (14),

Vous qu’elle rend passionnés:

Dans la Merde pulvérisée,

Une volupté plus aisée

Attend vos faméliques nez.

*

L’art sait-il cacher les ravages

Que font la nature et les ans ?

La merde couvre leurs outrages

De voiles encore plus saillants.

Dans ce vermillon favorable,

Puisez tous les jours, sexe aimable,

Un secours que refuse l’art.

Des Hottentotes ingénues

Les grâces ne sont soutenues

Que par le secours de ce fard (15).

*

Mais cet avantage éphémère

Entre-t-il en comparaison

Du service si nécessaire

En un temps de contagion ?

Racontez-nous cette merveille,

Ô vous, renaissante Marseille !

Et, rappelant vos jours de deuil,

Dites, dans cette conjoncture,

Combien la soi-disante ordure

Enleva d’hommes au cercueil (16).

*

Dans cet efficace topique,

La science n’entrait pour rien:

On laissait en paix la tactique

D’Hippocrate et de Galien.

D’une si puissante ressource,

Chacun en soi trouvait la source ;

Noble ou faquin, tout était bon.

Et l’homme défendait sa vie

Des fureurs de l’épidémie,

Sans autres secours qu’un Étron.

*

Reine de tout ce qui respire,

Source du souverain plaisir,

Merde pure, de ton empire

L’homme en vain prétend s’affranchir:

D’une fleur, d’un fruit, d’une plante,

Prenant la figure attrayante,

Tu sais le ranger sous ta loi (17).

Âme de tout ce qui doit naître,

A tout tu communiques l’être,

Et tout, enfin, s’abîme en toi.

*

ENVOI

A deux demoiselles qui faisaient les pâles couleurs avec de la Merde.

Lorsque dans vos fers tout s’engage,

Que tout sent l’effet de vos coups,

Nymphes, recevez un hommage

Que j’ai cru seul digne de vous.

Que la Merde, sous vos auspices,

Des mortels fasse les délices !

Qu’elle trouve en vous un soutien !

Ayez-la sans cesse à la bouche ;

Que sa beauté seule vous touche,

Et, hors elle, n’estimez-rien !

*

NOTES

(1)Exit Vissa furens, putrid&prienuntia Merdae

(2) Quand accroupi dans un coin solitaire,

Le cul au vent, un papier à la main,

Les yeux baissés, le menton sur le sein,

Serrant le ventre, et poussant du derrière,

Nous donnons l’être à cet infortuné,

Se relevant, l’homme le plus austère,

D’un air bénin, lorgne le nouveau né ;

Ces doux regards sont les adieux d’un père,

Qui voit son fils pour la dernière fois…

C…D…

*

(3) Le respect qu’on lui porte est poussé si loin, que ses excréments même sont regardés comme sacrés. Son urine est conservée comme un élixir divin, propre à guérir toutes les maladies. On fait sécher ses déjections les plus grossières; on les réduit en poudre qu’on renferme dans des boîtes d’or, enrichies de pierreries, et on les envoie aux plus grands princes de sa communion, comme des présents d’un prix inestimable. Ces monarques se font un honneur de les porter pendues à leur cou.

NOEL, Dict. de la Fable, au mot DALAI-LAMA.

*

(4)Il n’est presque personne qui, après avoir chié, ne donne au moins un coup d’œil à l’étron qu’il vient de faire qu’elles l’ont très-sain et très-naturel.

*

(5) Les enfants qui ne suivent que l’impulsion de lanature, non seulement se tournent vers l’étron qu’ils ont fait, le regardent, le contemplent, mais même se plaisent à le toucher, à le diviser, à l’analyser.

*

(6) De los gustos sin pecar,

El mayor es el cagar.

*

(7) Les Romains qui étaient nos maîtres, et qui sont encore nos législateurs, respectaient les étrons. Le culte de la déesse Cloacine est une preuve victorieuse de leur bon goût. Le jour de sa fête, les latrines étaient décorées de verdure et de fleurs; peut-être, dit un auteur, que les étrons qui bordaient les avenues, avaient ce jour-là le bouquet sur l’oreille. L’expérience nous prouve que nous aimons prodigieusement la merde; la preuve en est sensible dans les enfants, qui, plus voisins de la nature et de la vérité, regardent plus longtemps leurs ordures que les personnes expérimentées. Voyez sur ce sujet les savants Mémoires de l’Académie de Troyes.

*

(8) FIANTÆUS, dans son Traité d’Anatomie comparée, dit que la merde humaine est beaucoup plus parfaite que celle des autres animaux.

*

(9) Les cochons.

*

(10) Il n’est pas rare de trouver de jeunes filles qui font les pâles couleurs avec de la Merde. On croit assez généralement qu’elles ont le goût malade, tandis qu’elles l’ont très sain et très naturel.

*

(11) M. PAPAREL, homme très-sensuel, mangeait la Merde avec une cuiller d’or. FIANTÆUS nous en a donné la vie dans son Histoire des Gourmets.

*

(12) Cuisiniers, pâtissiers, rôtisseurs.

*

(13) Cosi ail’egro fanciul porgiamo aspersi

Di soavi licor gli orli del vaso ;

Succhi aman, ingannato, intanto ei beve,

e dall’ inganno suo vita ri ceve.

GERUSAL. LIBERAL CANT PRIM.

*

(14) Le tabac.

*

(15) Les Hottentotes chient dans leurs mains, et se peignent le corps et le visage de leurs excréments, pour plaire à leurs maris.

*

(16) On sait que la merde est un préservatif contre la peste les habitants de Marseille, qui eurent la présence d’esprit de s’en frotter, lors de la peste, échappèrent à ce fléau.

*

(17) Personne n’ignore le grand rôle que joue le fumier dans la végétation. Aussi l’auteur prétend-il avec raison que les fruits, les fleurs, les végétaux ne sont que de la merde plus ou moins diversifiée.

*

FIN

*

Bonjours chez vous. S’il n’y a personne, vous pouvez laisser la porte des toilettes ouvertes

Attention ! l’abus d’élections peut nuire gravement au suffrage universel

Tous les vieux anars vous le diront : si les élections servaient à quelque chose, il y a longtemps qu’elles seraient interdites.

Les jeunes anars vous le diront aussi, mais je ne leur fais pas confiance, je sais à quel point j’étais con quand j’étais jeune.

Mais, tout de même quelle belle idée que le suffrage universel ! Permettre à chacun de choisir autrement que par élimination à coups de fusil ceux qui…

Ceux qui… ? Ceux qui … ?

Ceux qui… nous gouvernent ! Bravo !

Vous restez en deuxième législature ! Félicitations, vous aimez être gouverné.

Moi pas. Mais c’est normal chez le vieil anar, ça guérit jamais. C’est bien là qu’il regrette ses principes et d’avoir revendu le fusil.

Qui nous gouvernent. Même les anars, ce qui est totalement contraire à leurs convictions, certes pas très catholiques, mais qui n’envoient pas pour autant leurs filles à l’école enveloppées dans un drapeau noir afin d’affirmer les opinions de leurs parents. Il vaut mieux d’ailleurs, on pourrait confondre. L’anar, contrairement aux billevesées répandues sur la place publique, est un sage.

Qui nous gouvernent, donc. Plus exactement qui font métier de nous gouverner.

Car élu du peuple c’est un métier.

J’ai déjà écrit des choses là-dessus, je ne sais pas si c’est dans ce blog, plus loin.

Je gagnerai à me relire.

Donc, ceux à qui ça rappelle quelque chose sautent au chapitre suivant.

L’élu du peuple est un professionnel et, sauf en fin de carrière où il a pu se munir, au fil du temps, de toutes sortes de pensions, de jetons de présence et autres activités satellitaires propres à son métier, il n’a souvent comme revenu que celui du mandat que vous lui avez confié.

C’est dire s’il tient à vous ! Qu’il n’a pas intérêt à faire de vagues, mais à vous caresser dans le sens du poil, sinon, c’est chômedu ! ou alors, retour au boulot, tous les jours, avec un chef sur le dos, les collègues qui ricanent, etc. ou encore retourner s’occuper de l’épicerie, avec les fournisseurs pas trop honnêtes, les clients désagréables…

C’est pourquoi l’élu du peuple à besoin de vous.

Vous êtes son casse-croûte, la condition d’une vie sereine, épanouie et la certitude de passer à la télé lorsque ça remue un peu. C’est bon pour l’égo.

Dès lors, vous pensez bien que sa prochaine réélection est son souci immédiat et non le bien public. Sinon dans les discours.

Certes, argumente l’élu, grâce à sa longévité dans le métier il connaît bien ses, comme il dit, dossiers.

Ces sérieux les dossiers. Dans ce cas, son élection à vie s’impose.

Il aura tout le temps d’étudier ses dossiers, ça évitera cette récurrente, coûteuse et un peu ridicule agitation électorale.

Mais croyez-vous qu’il soit humblement reconnaissant de tous les bienfaits que vous lui procurez, autrement qu’en période électorale ?  Oh que non ! Dès que vous avez le dos tourné, vous citoyen muni de toute la puissance de votre bulletin de vote, il n’en fait qu’à sa tête !

Et si vous vous retourniez un peu plus vite, vous pourriez même voir le bras d’honneur.


Et voilà: cette fois, en Belgique, nous avons la preuve définitive qu’en effet si les élections servaient à quelque chose…

On joue inconsidérément avec le bulletin de vote du mieux disposé des électeurs, celui qui va à l’urne spontanément, dès qu’on le lui dit.

Va-t-on en effet voter pour des hommes ou des femmes nouveaux, avec des idées nouvelles, originales, qui vont enfin changer quelque chose à notre ordinaire ? Non ! pour nous sortir de la mouscaille, il faudra élire ceux qui nous y ont mis ! Mieux: l’ont créée de toute l’énergie de leurs petits poings actifs et avec une constance qui force l’admiration.

Le cirque linguistique est un fonds de commerce. Et si penser qu’après ce coup-là, le problème de cette langue qu’on ferait mieux de tourner sept fois dans sa bouche (personnellement, je préfère dans celle d’une douce amie, je n’ai aucune conscience politique, je sais) sera une fois pour toutes jeté aux cabinets de l’Histoire, c’est se fourrer le bulletin de vote dans… dans ce que vous voulez et qui vous amuse. On n’a plus grand chose pour rire en politique, de nos jours.

En finir avec cette question reviendrait à réduire à une funeste oisiveté nombre d’élus du peuple professionnels, et cela des deux côtés de cette étonnante frontière nommée linguistique pour amuser le populo.

Car, ainsi qu’il en est dans toutes les agitations nationalistes,  en réalité, il est surtout question, sous les prétextes les plus nobles, bien sûr, de savoir qui va contrôler le business sur un territoire donné.

Enfin bon, bientôt, pendant quelques secondes, le temps que mettra votre bulletin de vote pour atteindre le fond de l’urne, du moins si l’on a supprimé le vote électronique totalement dépourvu de cet instant de pure poésie, vous aurez le sentiment d’être un citoyen accompli et un peu plus sérieux que cette bande de comiques.

Maintenant, tout en restant dans le sujet, mais pour ceux qui sont un peu las de mon radotage, une anecdote piquante.

Je ne sais trop comment, sûrement par l’intermédiaire de quelque ami douteux, j’en ai plein, ou à l’humour décalé, j’en ai pas mal non plus, je suis tombé sur la page de Fesses-bouc d’une certaine Zoé Genot, élue du peuple professionnelle, tendance Ecolo.

Voici une copie d’écran

Opinions politiques : « Ecolo, fatalement »

Religion : « Laïque modéré ».

De quoi plonger le badaud dans un abime de réflexion, sinon de stupeur.

Ecolo serait une fatalité.

Le Robert, vite ! L’entrée « Fatalité » : «Force surnaturelle par laquelle tout ce qui arrive (surtout ce qui est désagréable) est déterminé d’avance d’une manière inévitable » ou encore « Suite de coïncidences fâcheuses inexpliquées qui semble manifester une finalité supérieure et inconnue ».

Le parti Ecolo, ( je n’ai pas dit l’écologie, ne mélangeons pas tout), conséquence de toutes les calamités ci-dessus ? on tremble !

Trêve de pessimisme. On peut voir les choses autrement et supposer que Zozoé Genot ne pratique pas l’écologie politique, mais l’écologie mystique. Qu’elle organise des messes noires pour modifier le climat,  se sert de poupées vaudou contre ses adversaires politiques.  C’est ça qui serait chic !

Attendons tout de même encore un peu avant de prendre notre carte du parti.

Demandons nous si, loin de superstitions ridicules, la politique d’Ecolo s’élabore, plus rationnellement, dans les sacristies ?

"Si J'enlève mon pater, tu me montres ton noster ?"

A la Chambre comme au confessionnal, le caleçon LAISSEZ VENIR À MOI LES PETITS ENFANTS fibres 100% surnaturelles.

On peut le penser à ce que Zozoé nous dit de ses opinions. Et quand on connait les accointances ecclésiastiques du président (?) ou secrétaire (?) ou je ne sais quoi, de son parti, le doute est au bord de la certitude ! En effet, être royaliste, bon, personne n’est parfait, mais pote du sinistre Leurseigneur (ben oui, c’est pas le mien) Léonard (Ho la la ! que j’ai du mal à retenir un « c » après le « é » ! avec l’âge, j’ai appris à me tenir en public),  lequel vient saluer, en passant, entre amis, les ligues anti IVG en pleine éructation publique, ça relève du credo. Avec un « e », oui, pas un « a ».

Mais revenons à notre élue.

Ce recours, semble-t-il spontané, au « surnaturel » et à une « finalité supérieure et inconnue » par contre explique fort bien cette religion de « laïque modéré ».

Laissons de côté le fait que la laïcité puisse être une religion, je pensais bêtement que c’était l’insulte réservée aux laïcards enragés ! On est mal informés. « Modérément laïque » me semblerait peut-être mieux venu ! Comme euphémisme, évidemment.

Dieu intervenant modérément dans la vie publique, c’est la fatalité, car Allah est grand.

Évidemment, il s’agira de déterminer quand il est modéré et quand il exagère. Que de beaux débats Zozoé Genot va nous offrir le soir à la veillée !

« Ecolo : faire de la politique autrement ! » disaient- ils.

Magnifique !

Ces élans primesautiers de notre amie Zozoé nous délassent des pesanteurs de la langue de bois ordinaire, pire : de l’indigence intellectuelle considérée comme une fatalité professionnelle par nombre d’élus du peuple.

Alors, maintenant, pour être objectif ( mais je ne vois pas ce qui m’y oblige), je devrais aller faire un tour sur les Fesses-boucs d’élus d’autres partis.

Je suis certain qu’on ne doit pas s’y embêter.

Mais si vous croyez que j’ai que ça à faire !

Bonjour chez vous, s’il n’y a personne, c’est que vous êtes peut-être dans un bureau de vote.

A la recherche du thon perdu

Les jap’s veulent bouffer du thon rouge, quoiqu’il arrive, jusqu’à ce qu’il n’y en n’ait plus s’il le faut. Et ils ne sont pas près de se laisser intimider par les écolos bouffeurs de salade. Ils becqueteront le thon rouge jusqu’à la dernière écaille.

On ne peut être qu’impressionné par une telle détermination.Mais on peut se demander ce qu’ont-ils prévu de grailler lorsqu’ils auront transformé tout le thon rouge en caca humain? Car les japonais sont des êtres humains. Ça ne me rassure pas.

Vous pensez qu’il s’agit d’une réaction politico-consummero-financiero-patriotico-caractérielle ?

Du tout. Quand ils auront fini le thon rouge, ils boufferont du thon jaune, avec la même conviction, lorsque les alchimistes de l’agro-alimentaire et des écoles de commerce réunis, sauront peindre en rouge le thon jaune. Avec de la peinture juste un peu cancérigène, mais pas trop, pour qu’on s’en aperçoive pas du premier coup. Ils ont déjà fait pire.

Grâce à ces bienfaiteurs de l’humanité, personne ne doit modifier ses petites manies alimentaires ou autres pendant que les espèces disparaissent. Et quand il n’y aura plus, ce qui ne saurait tarder, de thon jaune, qu’est-ce qu’ils vont morganer les jap’s .

Facile ! Une petite manip génétique et hop ! sardines, vous voici thon rouge ! Félicitations pour cette brillante promotion !

C’est un peu comme les déchets nucléaires, mais à l’envers, car eux ils ne sont pas en voie de disparition. On attend d’avoir la science suffisante pour les neutraliser. En attendant on contamine, on cancérise, depuis Tchernobyl on n’explose plus mais on ne perd rien pour attendre , et on peut continuer, grâce à l’électricité produite, à fabriquer à tout va des tas de choses dont l’utilité principale est de rapporter du fric, certes à ceux qui les fabriquent, mais surtout à ceux qui investissent dans la fabrication de ces choses destinées à finir le plus rapidement possible dans les incinérateurs, afin de faire de la place aux suivantes et remplir des porte-monnaies qui déjà ne manquent pas de gras.

Qu’est-ce qu’on se marre !

Mais attention, les Jap’s, les faces de prunes, comme les appelait le délicat Colonel Buck Dany dans Spirou des années 60 , les japonais, donc, comme tout le monde, veulent bien, comme on dit, sauver la planète.

Sans trop se fatiguer, comme tout le monde aussi.

Et puis d’abord, pourquoi ce serait les japonais qui devraient commencer à se priver ? Pourquoi tant de haine ? Hein ? je vous demande.

"Moi, le thon rouge, ça m'en fait une comme ça le matin !"

Combien de mes doux et douces amis et amies personnels sont prêts à se passer de prendre l’avion pour aller se mettre les miches au soleil, pendant une semaine, dans un pays exotique ?

Activité rigoureusement indispensable à l’épanouissement humain et à la limpidité de ses urines.

Plus le saccage bétonesque des pays exotiques et les papiers gras partout. ( C’est vrai que le papier gras, déplié, puis léché, ça peut aider à varier l’ordinaire des petits enfants faméliques du coin. Ça n’a pas que du mauvais, le tourisme).

Patience, Planète, dès mon retour, je te sauves, promis. J’éteins la lumière derrière moi en quittant une pièce, je ne laisse pas laisser couler l’eau du robinet pendant que je me lave les dents, ça sauve, non?

- Bof !

- Jamais content, çui-là.

Comme le thon rouge , mais on s’en fout, il va bientôt avoir disparu. J’ai vu récemment un reportage à la télé sur les pêcheurs de thon occidentaux dans l’Océan indien. Putain les bateaux ! C’est pas de la barcasse à rame ! C’est du vrai navire! et beaux avec ça! et grands comme des usines. Ça te vous récolte le thon à la tonne. Ça n’en laisse pas gras pour les pêcheurs locaux et leurs pédalos à voiles.

"Thon taine et thonthonier"

Alors ils font pirates. Pêcher un thonier et son équipage occidental, ça rapporte nettement plus gros que la pêche au filet, qu’on doit en plus tirer à la main. Ça fait des ampoules à la longue. Faut comprendre.

Mais bon ! C’est la loi de l’offre et de la demande. Rien à dire.

Moi, je serai pêcheur dans l’océan indien, c’est sûr, je serais pirate. Je me ferai des couilles en or. Y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes.

Du coup, les thoniers thonent moins, ou alors avec la trouille au ventre et des mercenaires à bord, armés jusqu’aux dents. Les prises s’en ressentent. Certains même n’osent plus sortir des ports. Peut-être que ce sont les pirates qui vont sauver le thon rouge, finalement. On dit merci qui ?

Pensez-vous ! Il ne dira même pas merci, le thon rouge. C’est très con le thon. Tellement con que la cervelle n’a pas de goût, comme disait une Brève de comptoir à propos du mouton. Le mouton, lui, il n’est pas en voie de disparition. Surtout Halal. Paraît qu’on en halalise plus que tous les musulmans de nos contrées peuvent en grailler. Ce qui fait qu’ils nous refilent le surplus en ricanant, à nous, mécréants.

Ça heurte profondément mon absence de convictions religieuses quand j’en mange. Mais bon, s’il faut se mettre à tenir compte de la sensibilité des mécréants, où va-t-on ? déjà qu’ils n’ont pas d’âme et qu’ils iront en enfer…

Et si, en douce, on refilait du porc aux culs-en-l’air ? En leur faisant croire que c’est du thon rouge, par exemple.

A propos de musulmans, Willy Wolstjan a écrit un excellent article sur l’islam (on le consulte ici, sur le site du R.A.P.P.E.L. -cliquer sur ce mot -. L’islam dont on a tous besoin, même les athées.

Et c’est bien vrai qu’on peut préférer cet islam à celui que les conasses à voiles et les barbus à vapeurs veulent nous infliger.

Mais voilà, moi qui ne suis rien qu’un vieux con jamais content, (et avec mon âge en passe de devenir canonique, ça va pas aller en s’arrangeant) j’ai pas besoin de l’islam. Ni du christianisme, ni du judaïsme, ni du bouddhisme-qui-n’est-pas-une-religion. Ni même du marxisme. Mais, là, bon, avec la balle que les nains de jardins, genre Trotsky, Lénine, Staline, Mao, ( excusez si j’en oublie) on tiré dans le pied du gigantesque Karl (même si on n ‘aime pas tout, lui, c’était une sacrée pointure), on est tranquilles pour un certain temps.

Et puisqu’on parle de religion…

Vous l'avez surement déjà tous reçu, moi, je ne m'en lasse pas.

La Revue médicale de Bruxelles, numéro de janvier-février de cette année , publie un article très intéressant à propos de ce phénomène essentiellement lié à la psychologie humaine. (En effet, le lombric ou la mouche drosophile, pour ne parler que d’eux, fréquentent assez peu lieux de culte)

Je ne suis pas médecin. Ma femme oui. Je lis par dessus son épaule.

Je vous livre l’article in extenso, parce que sinon, vu la confidentialité de la revue, vous auriez du mal à vous le procurer. Ça ne lèse les intérêts de personne, puisque cette publication est distribuée gratos aux toubibs. Il est vrai que je n’ai pas demandé l’autorisation à l’éditeur. Pensez ! Lui demander l’autorisation de publier un article scientifique sur un blog qui s’appelle « Les pérégrinations extra-culinaires du camembert qui grinche », si je l’aurais eu l’autorisation ! Je n’ai pas publié la bibliographie.

Si vous voulez donc en savoir plus, voici l’adresse : ckornrei@ulb.ac.be Les auteurs en sont C. Kornreich et D.Neu, service de psychiatrie, C.H.U. Brugman, laboratoire de psychologie médicale, ULB.

Je vous conseille de faire un couper-coller de cet article dans votre traitement de texte, puis de l’imprimer ( recto-verso, hein !) afin de pouvoir le lire à tête reposée. Sinon, à l’écran, je crains que ce ne soit pas possible ! Bonjour chez vous, s’il n’y a personne, tant mieux, ça vous permettra de lire cet article sans être dérangé.

Religion et fonctionnement du cerveau

(Partie 1)

Nos structures mentales nous prédisposent-elles à la religion ?

Le phénomène religieux est particulièrement ubiquitaire. Deux théories principales s’affrontent pour expliquer cette popularité dans l’espèce humaine. La première postule que nos structures cognitives nous prédisposent à la religion. Elle serait ainsi un produit dérivé de fonctions mentales par ailleurs utiles pour la survie, telles que la crédulité infantile, l’anthropomorphisme et la téléologie.

La seconde estime que le phénomène religieux se maintient du fait d’avantages adaptatifs directs liés aux bénéfices obtenus dans les échanges de coopération et fonctionne comme un mécanisme d’assurance fourni par le groupe religieux. Ces deux théories sont probablement complémentaires et permettent d’expliquer que le phénomène religieux soit à ce point universel.

INTRODUCTION

Les religions, définies comme des systèmes de croyances associés à des rites , sont particulièrement ubiquitaires dans l’espèce humaine. Elles apparaissent en effet dans toutes les cultures, des chasseurs cueilleurs aux sociétés avancées sur le plan scientifique. Lorsque les anciennes traditions religieuses perdent de leur emprise, les spiritualités “new age » – astrologies, et autres croyances ésotériques – remplissent rapidement le vide ainsi laissé . De nouvelles religions peuvent naître assez facilement comme en témoigne l’apparition des «cultes du cargo» de la Nouvelle Guinée et de la Mélanésie au 20 ème siècle .

Les théories traditionnelles expliquant cette ubiquité vont de la sociologie, qui insiste sur la fonction de la religion comme renforçateur des lois sociales, à la psychanalyse qui remarque que le renoncement pulsionnel exigé par la culture peut être canalisé par la religion et que les idéaux religieux resserrent le lien social et participent à la constitution d’une communauté .

Des théories plus récentes ont été développées par le courant de la psychologie évolutionniste, notamment par Richard Dawkins et nous examinerons plus en détail celles-ci dans le cadre de cet article.

Les raisonnements de la psychologie évolutionniste se basent sur les éléments suivants : Les religions imposent à leurs adeptes des coûts importants en temps, attention et énergie voire en sacrifices physiques. Il paraît donc étonnant que les processus cognitifs qui sous-tendent les religions n’aient pas été éliminés par la sélection naturelle.

Pour expliquer la persistance et l’ubiquité des religions, deux théories principales s’affrontent

1. les religions pourraient être des produits dérivés de fonctions mentales qui sont, elles, utiles pour notre survie et ont donc été sélectionnées par l’évolution.

2. Les religions procurent intrinsèquement suffisamment de bénéfices adaptatifs pour expliquer leur persistance dans l’espèce humaine.

Nous allons examiner ces deux hypothèses successivement.

LA RELIGION COMME PRODUIT DÉRIVÉ D’AUTRES FONCTIONS MENTALES

Le cerveau humain n’est pas construit pour donner une image de la réalité mais pour être adaptatif dans un environnement spécifique : l’environnement tridimensionnel et temporel terrestre. A titre d’exemple, la couleur des objets est perçue comme constante dans des conditions variables de luminosité, parce que maintenir une perception d’un monde rempli par des objets stables et invariants est fonctionnel pour nos activités quotidiennes.

Si la couleur des objets changeait à tout moment lorsque la lumière du jour varie, nous aurions du mal à suivre les objets dans le temps et l’espace, et à les identifier comme objets déjà vus (ou pas).

Le système visuel est donc à l’origine d’un processus qui à partir d’images du monde extérieur, produit une description utile au sujet et non encombrée d’informations inutiles. Filtrer adéquatement les informations du monde extérieur pour obtenir une représentation exacte et fonctionnelle coûte cher en ressources « computationnelles ». La sélection naturelle peut donc favoriser des solutions non parfaites qui offriront un bon compromis coût-efficacité.

Parce qu’ils recourent à des approximations « vite faites », les êtres humains développent régulièrement des « illusions cognitives » au même titre qu’il existe des illusions d’optique. Des exemples d’illusions cognitives peuvent remplir des livres entiers et ne seront pas détaillés ici .

Mentionnons toutefois les travaux du psychologue Amos Tversky et du prix Nobel d’économie Daniel Kahneman qui ont montré que les êtres humains ne parviennent pas facilement à prendre des décisions dans les situations qui comportent un certain degré d’incertitude et qu’ils utilisent dans ce cas des heuristiques.

Ces dernières sont des solutions toutes faites un problème, habituellement rapides et faciles appliquer mais qui ne garantissent pas que la solution soit correcte, comme la débâcle des marchés financiers l’a encore illustré récemment. Les illusions et structures cognitives potentiellement explicatives des phénomènes religieux sont détaillées ci-après.

Crédulité des enfants

Toutes les croyances religieuses semblent bizarres si on n’a pas été élevé avec elles et il est très rare qu’un adulte adopte une religion avec laquelle il n’a pas été familiarisé pendant l’enfance. Dawkins fait l’hypothèse que la crédulité des enfants est elle-même adaptative .

Plus que les autres espèces, nous dépendons de l’expérience accumulée par les générations antérieures et cette expérience doit être transmise aux enfants pour leur protection et leur bien-être. La survie des enfants peut être nettement améliorée s’ils obéissent à leurs parents et les croient sans questionner le fondement de ce qui leur est enseigné en tout cas durant les premières années de vie.

Les enfants raisonnent à propos de Dieu comme étant différent des autres personnes : à 5 ans, les enfants commencent à comprendre que les humains ne savent pas tout mais conservent cette croyance pour Dieu. La croyance en Dieu résiste donc aux améliorations développementales de la théorie de l’esprit.  

Dualisme

Les enfants auraient une tendance naturelle et innée à avoir une théorie dualiste de l’esprit .

Le monisme considère que l’esprit est une manifestation de la matière. Le dualisme considère que l’esprit est indépendant de la matière et « habite » le corps, ce qui implique qu’il est concevable que l’esprit puisse quitter le corps pour aller vivre ailleurs.

La maladie mentale peut donc être interprétée dans cette conception comme une possession par les esprits et il est possible de considérer que les objets inanimés puissent avoir une âme.

Même les personnes « évoluées » sont instinctivement dualistes et intellectuellement monistes : elles attribuent des intentions aux objets inanimés, comme en témoigne la manière dont nous parlons de nos ordinateurs.

Notre dualisme inné nous prépare à croire en l’existence d’une âme qui habite le corps, plutôt que d’en être une partie intégrante.

Il est de ce fait facile d’imaginer que cet esprit puisse s’en détacher et partir ailleurs après notre décès.

De la même manière, on peut aussi être amené à imaginer l’existence d’une déité comme propriété émergente de la matière mais vivant indépendamment de celle-ci.

Anthropomorphisme

Dans la continuité de nos tendances dualistes, nous surestimons la présence d’agents humains dans le monde. Notre tendance à “anthropomorphiser » est universelle : nous voyons des visages dans les nuages, des voleurs dans les ombres nocturnes . Cette tendance optimaliserait les réponses à des problèmes importants. Quand on a l’impression de voir des personnes, les faux positifs ne coûtent pas grand chose. Par contre, les faux négatifs peuvent être désastreux. Les autres humains sont très importants pour notre existence et notre progression dans la vie. Ils sont aussi la principale menace que nous ayons à affronter. Nous devons donc les détecter quand ils sont là. Nous pouvons confondre une ombre avec un cambrioleur mais pas l’inverse : un faux négatif serait fatal alors qu’un faux positif n’est qu’une perte de temps. Vu les coûts différentiels, il est possible que nous ayons fait évoluer un <hyperactive agent detection device> Notre tendance à personnaliser des objets inanimés comme des agents autonomes pourrait être impliquée dans l’expérience religieuse .

Téléologie

La téléologie est la tendance à assigner un but à toute chose. Les enfants attribuent spontanément un but et une intention au monde naturel : les nuages sont faits pour pleuvoir ; les rochers pointus sont construits de cette manière pour que les animaux puissent s’y gratter lorsque cela les chatouille ou ne s’assoient pas dessus ce qui pourrait les démolir . Les enfants préfèrent par ailleurs expliquer le monde via des causalités liées à des agents supranaturels jusqu’au début de l’adolescence et ce même s’ils ne viennent pas de milieux religieux où ils auraient pu recevoir ce biais de leurs parents.

Téléologie et explication supranaturelle sont connectées : les enfants préfèrent les explications attribuant un but à la nature sous la responsabilité d’agents supra-naturels .

Nous serions donc naturellement prédisposés au créationnisme .

La prédiction du comportement des entités présentes dans notre monde est importante pour notre survie et on peut donc s’attendre à ce que la sélection naturelle ait modelé nos cerveaux en vue de réaliser des prédictions de manière efficace et rapide.

Daniel Dennett propose une classification en positions que nous adoptons pour comprendre le monde qui nous environne et donc prédire le comportement d’autres entités comme les animaux, le machines et les autres humains. Il s’agit des positions physique, de design et intentionnelles.

- La position physique fonctionne en principe toujours car elle obéit ultimement aux lois de la physique. Mais travailler sur cette base peut s’avérer pe économique en temps et en ressources cognitives comme de calculer les interactions d’un objet complexe avec son environnement pour réaliser de prédictions.

- La position de design permet de court-circuiter tous ces calculs et se révèle donc très économique. Par exemple, savoir qu’une alarme est conçue pour sonner en cas d’intrusion dans une maison permet de faire des prédictions sans passer par une compréhension de la manière dont cette alarme est construite, dont fonctionne la source d’énergie qui l’alimente, et dont sont fabriquées les plaques de circuits intégrés…

- La position intentionnelle est un autre court-circuit de raisonnement qui peut être très utile pour la prédiction du comportement des êtres vivants Cette position assume qu’une entité est non seulement construite en vue d’un but mais aus qu’elle contient un agent qui guide ses actions. La position intentionnelle peut très bien se concevoir comme un mécanisme cérébral qui accélère la prise de décision dans des circonstances de danger et dans des situations sociales cruciales.  

Facilité de mémorisation des idées religieuses

Les idées religieuses seraient conceptuellement configurées pour activer les traits multiples des systèmes d’inférence intuitive qui gouvernent nos compréhensions ordinaires du monde .

Les connaissances intuitives que nous avons sur le monde physique, biologique et psychologique sont sans doute en partie innées et se développent chez l’enfant sans nécessiter beaucoup d’input de l’environnement .

Pour Boyer notamment, les idées religieuses sont mémorisables et mémorisées justement parce qu’elles violent nos attentes intuitives, c’est-à-dire parce qu’elles sont supranaturelles.

On a ainsi montré expérimentalement que les concepts supranaturels sont intrinsèquement mémorisables, nécessitant moins de ressource mémoire que d’autres concepts . La mémorisation est facilitée par le fait que ces concepts violent les règles intuitives mais à condition que cette violation soit modérée.

On retient que Dieu pense comme un homme et est en gros comme un homme mais qu’il a le pouvoir de créer tout et de détruire tout, ce qui n’est pas le cas d’un homme.

Par contre les constructions théologiques compliquées avec de multiples violations des structures intuitives perdent ce caractère mémorisable et ne suscitent de ce fait que peu d’intérêt .

La théorie de Boyer prédit que les personnes religieuses vont penser aux Dieux comme à des personnes si ce n’est pour quelques propriétés extraordinaires.

Barett et Keil , ont confirmé que les dévots religieux aux États-Unis et en Indes représentent leurs dieux de manière anthropomorphique et que ces représentations sont en conflit avec les croyances théologiques exprimées par les croyants.

Les participants étaient par exemple d’accord avec la proposition que “Dieu sait tout  » mais considéraient cependant que la prière était parfois nécessaire pour communiquer avec le divin. Le mode de pensée religieuse universel est donc une pensée anthropomorphique ajustée de manière minimale .  

Avantages de l’irrationalité

Dennett a évoqué l’idée que l’irrationalité de la religion pourrait être un produit dérivé d’un mécanisme cérébral inné nous prédisposant à l’irrationalité : notre tendance à tomber amoureux. L’anthropologue Helen Fisher explique qu’il est relativement improbable, objectivement parlant, de tomber amoureux d’un partenaire qui soit très significativement meilleur que tous les autres partenaires de son cercle de connaissance. Ce phénomène du coup de foudre s’accompagne de modifications cérébrales chimiques qui sont caractéristiques de cet état et comparables à l’action de drogues addictives naturelles.

Du point de vue évolutionniste, il pourrait s’agir d’un mécanisme visant à garantir la loyauté vis-à-vis du partenaire et parent associé suffisamment longtemps pour élever un enfant en commun au moins sur la partie la plus vulnérable du développement de celui-ci . Ce module pourrait être utilisé par la religion motivant un amour sans borne par exemple pour la Vierge Marie, ou Allah, engendrant des actes irrationnels, comme des sacrifices au nom de cet amour .

Difficultés à appréhender d’autres dimensions de temps et d’espace

La biologie sur terre trouve dans la théorie darwinnienne une théorie unificatrice qui ne nécessite ni concept ni concepteur.

On ne dispose pas encore d’une telle théorie pour la physique mais ce qu’on postule donne le vertige tant nos cerveaux sont mal outillés pour appréhender des théories comme celle de la mécanique quantique ou de la relativité générale.

A titre d’exemple , la notion de multivers postule l’existence de nombreux univers parallèles et parmi ceux-ci d’une minorité dont les constantes physiques seraient compatibles avec le développement du vivant.

Une théorie alternative, celle du mégavers, postule l’existence d’un seul univers qui subirait des expansions et contractions à l’infini, chaque nouveau big bang remettant en route de nouvelles constantes physiques, l’actuel étant compatible avec du vivant.

Ces notions sont profondément abstraites et difficiles à appréhender pour la plupart d’entre nous.

Les tenants du “dessein intelligent » ont défendu que pour avoir exactement les constantes physiques qui permettent la formation des planètes et des conditions nécessaires à la vie, il est nécessaire d’évoquer une intelligence supérieure.

Pour Dawkins et Dennet , si on imaginait une entité suffisamment intelligente pour concevoir un univers, il faudrait expliquer un niveau de complexité supplémentaire, celui qui serait responsable de l’apparition de cette intelligence, ce qui semble impossible.

En gros, la complexité ne peut avoir précédé la simplicité, ce qui est un théorème de base dans la théorie darwinnienne : la complexité naît de petits changements successifs étalés sur des temporalités très longues. Un outil peut être conçu par un fabriquant d’outils mais alors, et cela de manière automatique, ce fabriquant devra être plus complexe que ce qu’il fabrique.  

Mécanismes permettant d’englober les conception religieuses dans l’architecture cognitive globale

Encapsulation et intégration

Il vaut mieux que les cognitions religieuses soient isolées du reste du monde cognitif car il ne serait pas adaptatif de faire des inférences dans d’autre domaines de connaissance du monde sur base religieuse. Il faut donc une structure cognitive permettant de considérer des mondes fictifs sans le confondre avec la réalité. Il s’agit de la pensée dite méta-représentationnelle .

A titre d’exemple on peut croire que Dieu va pourvoir à nos besoins mais cependant chercher à combler ces besoins par nous‑mêmes. Les personnes religieuses ne sont donc pas moins performantes en termes de reproduction et de santé que les autres ; ce serait même plutôt le contraire en Amérique du Nord .

Les représentations religieuses doivent cependant pouvoir être compatibles avec les autres systèmes cognitifs. Ainsi les concepts religieux sont souvent moraux ou moralisateurs et donc en accord avec les valeurs sociales communes .

Auto-aveuglement

Il est nécessaire de disposer d’une architecture cognitive qui biaise et distorde le flot d’informations pour le rendre congruent avec les concepts religieux du groupe. Faire croire par exemple à une déesse à bras n’est pas facile même pour un environnement culturel très structuré par des élites religieuse S. L’imprégnation de départ est facilitée par la crédulité infantile .

Performances cognitives globales et religiosité

Plusieurs données semblent indiquer que des capacités cognitives élevées sont associées avec un degré moindre de religiosité . Il est possible que la capacité de résoudre des problèmes, de comprendre des idées et de raisonner de manière abstraite diminue l’ampleur de tous les biais cognitifs décrits ci-dessus. Le déclin de la religiosité survenant avec l’âge chez les enfants et les adolescents pourrait participer de ce phénomène. Le QI semble être un facteur prédicteur d’athéisme : dans une étude réalisée dans 137 pays, un QI élevé était associé à une religiosité plus faible . Les cercles scientifiques de haut niveau sont par ailleurs associés à des taux élevés d’athéisme : une étude portant sur les membres de l’American National Academy of Sciences a rapporté un taux de 7% de croyants comparé à 90% dans la population générale .  

LES AVANTAGES ADAPTATIFS DE LA RELIGION EN TANT QUE TELLE

Nombre d’auteurs pensent que la religion n’est pas un accident de l’évolution et ne peut pas s’expliquer entièrement par la théorie la décrivant comme un dérivé d’autres fonctions mentales , . Donner sa vie, ce que la religion exige parfois, est un coût gigantesque et il est nécessaire d’expliquer en quoi ce coût peut être justifié. Cette vision adaptative se centre principalement sur deux notions, celle dérivée de la théorie des jeux et celle du signal coûteux.

Théorie des jeux

Nous sommes des primates très coopératifs, et cette coopération ne se produit pas uniquement à l’intérieur des familles, l’altruisme de parentèle, mais s’étend largement à l’intérieur du corps social, un altruisme qualifié de réciproque .

Cette dernière forme d’altruisme peut donner lieu à des bénéfices pour les deux parties à condition d’avoir des rencontres répétées entre coopérateurs, de pouvoir garder en mémoire le résultat des rencontres précédentes et d’avoir la possibilité de punir les non-coopérateurs .

Il persiste toutefois un risque pour celui qui donne dans la mesure où il ne peut pas avoir la certitude qu’il récupérera son investissement.

C’est ici qu’intervient la réputation des participants, un élément fondamental dans les sociétés humaines. A titre d’exemple, même une technologie très moderne reprend cet élément quand il s’agit de transactions commerciales entre participants comme en témoigne la manière dont le site ebay est construit.

La morale religieuse permet de résoudre certains problèmes de coopération de manière peu coûteuse en modifiant les bénéfices attendus de la coopération (par exemple pour des agents qui pensent que la coopération paie toujours mieux que la défection) et cela reste vrai quel que soit le retour réel de la coopération. La récompense pour la coopération peut être par exemple le paradis et pour la défection l’enfer ou d’être réincarné sous forme de scarabée .

Si vos croyances religieuses sont partagées et qu’il est possible de reconnaître ceux qui appartiennent à votre groupe, vous pouvez bénéficier d’une assurance, relative, que votre interlocuteur sera un bon coopérateur . Dans une étude portant sur 186 cultures, Johnson (2005) a de fait montré que plus les Dieux sont vus comme puissants, moins il y a de comportements égoïstes dans la société .

Théorie de la signalisation coûteuse

Les organismes vivants utilisent le handicap pour signaler de manière authentique leurs propriétés et intentions . Un signal quelconque pourrait être imité à moindre coût par un individu non coopérateur et perdrait donc sa fonction de signal authentique .

Les émotions sont difficiles à feindre et à manipuler et constituent donc une source potentielle de signaux intéressants. On peut mentir avec des mots mais il est (plus) difficile de feindre des larmes .

Les émotions religieuses pourraient fonctionner comme des signaux qui identifient la présence de motivations moralisatrices impliquantes pour celui qui les émet . Le lien entre moralité et religion est toutefois fermement contesté par certains auteurs mais nous n’entrerons pas dans ce débat ici .

Les rituels peuvent avoir de nombreuses fonctions : communiquer des intentions, inculquer des doctrines, promulguer des lois, forger des alliances, offrir espoir et consolation, marquer des transitions, exciter, calmer ou divertir les participants et ces fonctions varient avec les contextes et les individus .

Les chercheurs évolutionnistes pensent que les fonctions du rituel sont de procurer des forums ou les émotions religieuses et les autres signaux coûteux d’engagements peuvent être produits et évalués .

S’il y a un lien entre les motivations et l’expression, l’ampleur des signaux de dévotion devrait être inversement proportionnelle aux probabilités de faire défaut dans des transactions de coopération .

Pour que ces signaux soient efficaces, ils doivent être produits devant un public et pour que le signal soit coûteux, il faut que les rituels demandent des sacrifices d’attention et de ressource. De fait, certaines pratiques religieuses sont fatigantes, dangereuses, douloureuses et susceptibles de distiller l’ennui pour les non-dévots .

Au plus les conventions rituelles sont ésotériques et élaborées, au plus elles sont difficiles à contrefaire pour des imposteurs.

Les tenants de la fonction adaptative de la religion prédisent que seuls ceux qui sont engagés envers une superstructure moralisante seront susceptibles d’accepter d’endurer ces rituels fréquemment .

Par ailleurs, en temps de crise, ils prédisent que la pratique religieuse devrait s’intensifier, ce qui est a priori paradoxal puisqu’on devrait normalement préserver des ressources pour ce qui est vital . Ainsi, on a observé que les familles musulmanes avaient consacré une plus grande part de leurs réserves à l’observance religieuse durant la crise financière indonésienne dans les années : les institutions religieuses procurent une assurance sociale et minimisent les risques en supportant collectivement les plus démunis, ce qui justifie les coûts de démonstration d’appartenance.

Dans une étude comparative de 200 communautés religieuses et séculaires au 19eme siècle, Sosis a montré que les communautés religieuses étaient de loin plus susceptibles de durer que les communautés séculières . Les communautés religieuses imposaient par ailleurs environ deux fois plus de conditions coûteuses à leurs membres, le nombre de conditions coûteuses étant directement corrélé avec la durée de vie du groupe .

Finalement, il semble que les rituels religieux influencent bel et bien l’altruisme une étude utilisant des jeux d’utilisation de ressource commune dans les kibboutz modernes a montré que les hommes religieux étaient plus altruistes que les femmes religieuses qui à leur tour l’étaient davantage que les hommes et les femmes non religieux . Ce phénomène pourrait être lié à l’intensité et au coût des rituels partagés, les hommes religieux devant participer à la prière commune à raison de trois fois par jour.  

CONCLUSION

Le phénomène religieux pourrait être à la fois un produit dérivé de nos structures mentales et un comportement adaptatif lié à la nécessité d’établir des liens de coopération dans l’espèce humaine.

L’évolution a construit notre cerveau pour être adaptatif dans notre environnement, ce qui n’est pas toujours synonyme de raisonnement rationnel. De fait, de nombreuses illusions ou distorsions cognitives ont été décrites chez l’homme, dont certaines, telles la crédulité infantile, l’anthropomorphisme et la téléologie, pourraient jouer un rôle dans les conceptions religieuses. La nécessité de garantir une réciprocité dans les échanges de coopération a renforcé les mécanismes permettant d’obtenir des assurances quant à une réciprocité future. La réputation fournie par l’appartenance à un groupe religieux permet vraisemblablement de limiter les risques inhérents aux échanges réciproques. Ceci a toutefois un coût qui concerne les disponibilités en temps et en énergie, voire en sacrifices plus importants, nécessaires pour faire partie du groupe religieux et assurer sa publicité en temps que bon coopérateur potentiel.

Correspondance et tirés à part :

C. KORNREICH

C.H.U.Brugmann Institut de Psychiatrie

Place A. Van Gehuchten

1020 Bruxelles

Qu’est-ce que j’apprends ?

Nos amis les chats-fourrés, les juges, les magistrats, la justice en général manquent tellement de fric

… qu’il n’y a même plus les moyens de publier au Moniteur (journal officiel Belge, pour nos lecteurs étrangers) les places de magistrats disponibles dans tel ou tel arrondissement judiciaire.

Dans un sens, c’est pas plus mal qu’il y ait du chômage dans la profession, du moins du point de vue de la surpopulation carcérale ; déjà qu’on ne s’en sort pas avec le nombre insuffisant de magistrats qui sont au boulot…

Quelle misère !

Misère de la justice ou Justice de la misère ?

Il y a je crois une vingtaine d’années, j’avais proposé une solution à ce problème récurrent, mais évidemment, déjà à l’époque, personne ne m’écoutait ! J’en ai du mérite à persévérer ! Quoique ce soit parfois déprimant de vouloir sauver le monde alors que rien ne prouve qu’il le mérite ! À la décharge du monde, je dirais qu’il n’a jamais rien demandé.

Toutefois, par prudence, à part moi, bien sûr, il vaut mieux se méfier de ceux qui veulent à toute force sauver le monde, c’est-à-dire nous-mêmes. Car nous sommes le monde. Pas les lombrics, les baleines et la mouche drosophile, dont pourtant les gènes ne présentent que 5 % de différence avec les nôtres, ai-je appris récemment dans un colloque scientifique autour d’une fondue au fromage (non, pas au camembert) égayée de liquides fermentés provenant de divers terroirs. Vous pensez bien si j’ai vite rebu un coup pour me remettre d’une telle atteinte à ma dignité d’ivrogne. Mais bon, il y a les écolos pour s’occuper des petites bêtes.

Nous on a Dieu. Et tout de même un peu les écolos en la personne de leur chef de meute, Jean-Michel Javeau-qui-va-t-à- la-messe, ainsi que la presse l’a récemment révélé. Ça explique mieux ce besoin viscéral de sauvetage tous azimuts.

Mais nous sauver de quoi ?

De nous-mêmes.

Pourquoi ?

Parce que nous sommes mauvais.

Par rapport à qui et à quoi ?

Argument de petit raisonneur, selon les sauveteurs autoproclamés.

S’ils se sont aperçus que nous sommes mauvais, c’est parce qu’ils sont un peu meilleurs. Forcément, sinon ils n’auraient rien remarqué.

Faut-il pour autant leur faire confiance ?

J’ai des doutes. Car pour être sauvé, il faut d’abord mourir. On est sauvé qu’après sa mort : on va au Paradis, selon la rumeur.

Ce qui dispense le sauveur d’apporter les preuves du sauvetage.

Être meilleur (que quoi ?) mais mort, ça vous dit ?

Ce qui n’empêche pas les Monseigneurs Léonard, les Saintetés Benoît XVI et autres culs-bénits ou culs-en-l’air (les mosquées nous permettent au moins d’enrichir le vocabulaire anticlérical) de prospérer.

Trêve de métaphysique.

Les pouvoirs politiques ont naguère trouvé une solution élégante pour pallier l’indigence persistante d’un autre service public : La RTBF.

Pour nos lecteurs étrangers — il n’y en a que pour eux — c’est la Radiodiffusion Télévision Belge Française.

Française. Pas francophone. Francophone, ça fait un peu bougnoule et ça renvoie aux contrées plus ou moins tropicales, plus que moins dévastées par les catastrophes naturelles et plus durablement par leurs dirigeants aussi corrompus qu’une coulée de boue, le FMI et la Banque Mondiale. Vous me direz que le Québec n’est pas précisément sous les tropiques. Mais au Québec, justement, c’est pas vraiment des bougnoules, puisqu’ils sont blancs.

Enfin, pas ceux d’origine. Ceux d’origine, c’était des bougnoules, si, si. Rouges. Le bougnoule se reconnaît facilement à sa couleur, ça, on peut pas lui enlever. Et pour ce qui est de la corruption des dirigeants des pays non-bougnoules, nous disons, entre gens civilisés, qu’ils sont d’habiles politiques qui savent se vendre. C’est pas du tout pareil.

Mais ces questions me dépassent un peu. C’est très compliqué le bougnoule. Vous n’avez qu’à voir en France, Sarkozy et son Besson-la-culotte-à-Marianne qui ne s’en sortent pas avec leur galère d’Identité Nationale. Menacée surement par les bougnoules. Qui d’autre, je vous demande un peu ?

Bon, tu t’égares, Edgar ! Reviens à tes moutons, Gaston !

Donc, je vais, devant vous et sans augmentation du prix de votre connexion internet, sauver les finances de la Justice belge.

On dit merci qui ?

Voilà, c’est facile, il suffisait d’y penser : La pub !

J’entends déjà la clameur indignée des citoyens intègres, qui ne s’en laissent pas conter : quoi ! la pub au tribunal. Rhôôôôôô, lui !

Bon. Citoyens intègres, La RTBF serait-elle un service moins service, public, moins public, que la Justice ?

Je me souviens d’un haut fonctionnaire, de gauche (enfin, socialiste, ça tempère), commissaire du gouvernement auprès de la RTBF, annonçant fièrement à un public sélectionné, que ça y était, la pub à la RTBF, c’était fait ! Ouf ! Mais que, bien sûr, gauche oblige, on avait prévu des garde-fous. Je n’ai pas très bien compris lesquels, car il n’avait pas précisé de quel côté étaient les fous. Il n’en avait probablement pas la moindre idée. Les hauts fonctionnaires, ça ne peut pas tout savoir, surtout si on ne le leur demande pas.

Mais bon.

Dans les prétoires, on rencontre aussi des ménagères de plus de 50 ans qui ont de l’espace de cerveau disponible pour Coca-Cola. On y voit des « peoples », des vrais gens aussi, des riches, des pauvres, toutes sortes de personnes qui ont besoin de se changer les idées, de se distraire, de s’amuser, de consommer, surtout dans les circonstances pénibles d’un procès, il faut bien le dire. Voilà un public… j’allais dire captif mais je respecte trop la présomption d’innocence.

Quoi qu’on en dise, ça apporterait une certaine gaité, une légèreté bienvenue, qui, la plupart du temps, fait cruellement défaut au Palais de Justice.

Les robes des avocats, des juges, des procs, vastes espaces publicitaires qui s’ignorent encore, pourraient être utilement mises à la disposition des annonceurs, moyennant rétribution, faut pas rigoler. Ça nous changerait un peu de ces couleurs uniformément rouges et noires en vigueur, qui sont, je le rappelle à mes lecteurs qui ne se doutent de rien, les couleurs de l’anarcho-syndicalisme. C’est du joli !

Au départ, histoire de ne pas trop effaroucher les citoyens intègres, la pub n’interviendrait que dans les suspensions d’audience ; l’entracte, au tribunal.

Après une période d’acclimatation du public, lorsque, tous partis confondus, les politiques auraient fait admettre aux citoyens intègres qu’il s’agirait-là de pragmatisme et non d’idéologie, on pourrait envisager des pubs entre les interventions des témoins, des procureurs, des avocats, etc.

Et pour finir, les audiences seraient interrompues à la guise de la main invisible du marché. Et là, évidemment, rattrapés par l’Invisible, il n’y aurait plus qu’à s’incliner.

Ce ne sont là que les prémices d’un projet plus vaste. On pourrait également par la publicité accroître considérablement les misérables budgets de la Police et de l’Armée. Dans l’immédiat, je me tiens à l’entière disposition du ministre de la Justice pour toute information complémentaire qu’il souhaiterait obtenir.

Ne manquez pas notre prochain épisode : je sauve la sécu.

Howard Zinn est mort.

Certes, ça arrive à tout le monde, pas de quoi écrire à ses parents.

Howard Zinn est un historien états-unien ayant enseigné l’histoire et les sciences politiques à la Boston University, dont il fut professeur émérite. Je ne connais qu’une seule de ses œuvres, mais quelle œuvre : Une histoire populaire des États-Unis.

C’est une brique de 811 pages, elle relate donc l’histoire des obscurs, des sans-grade, des malmenés, des spoliés, des massacrés aux États-Unis, de Christophe Colomb à Georges Bush, la vie, les révoltes, la répression des petites gens, c’est-à-dire le plus grand nombre, de la grande Amérique : les domestiques, les noirs, les Indiens, les artisans, les ouvriers, les fermiers et celles ajoutant à ces conditions le fait d’être femmes.

On est loin des clichés véhiculés par la classe dominante États-Unienne, qui nous les brise menu, nous la font souvent détester. On en apprend de belles, dont on se doutait, mais de les voir minutieusement étalées, ça glace un brin. Ce n’est pas un pamphlet, c’est le livre d’un historien qui a choisi une approche hors des sentiers rebattus.

C’est paru en 2004 aux éditions Agone.

Berlusconi, le grand,

… l’immense Berlusconi, c’est rapporté par le Courrier international, a dit: « Une réduction du nombre des immigrés extracommunautaires en Italie, cela veut dire moins de personnes qui iront grossir les rangs des criminels. » Quel charmant garçon et quelle hauteur de vue ! qui sait de quoi il parle en matière de criminels, lui qui a fait voter des lois pour qu’on ne puisse pas le trainer devant les tribunaux.

C’est le bon sens même, les criminels immigrés ou les immigrés criminels, c’est la même chose et quasiment génétique chez l’immigré (une variété récente du bougnoule, voir plus haut), font une concurrence crapuleusement déloyale aux criminels Italiens. Un immigré, ça se contente de peu : une olive, une tomate, hop ! ça lui fait un repas ! ça couche dehors, ça chie n’importe où, et quand il a une baignoire, c’est pour y tuer le mouton. Dans ces conditions il casse les prix comme il veut.

On tremble pour la Maffia, la Cosa Nostra, etc. toutes institutions honorablement établies et connues du public italien. Une part primordiale du patrimoine culturel de l’Italie, au rayonnement mondial et aux noms autrement poétiques que la Mamadou Connexion, la Famille Mohammed, etc. est directement menacée. Un chef d’État responsable, Berlusconi donc, ne peut laisser brader des valeurs patrimoniales et traditionnelles à des va-nu-pieds, venus des divers trous-du-cul du monde.

Oui, il en a plusieurs.

Seize, Benoît de prénom, Sainteté de fonction,

… a nommé André-Mutien (qui vaut mieux que deux tu l’auras) Marie Léonard, évêque, ou archevêque, je ne sais plus, de Namur, chef de l’Église catholique belge.

Il faudra donc cesser de répandre la rumeur selon laquelle c’est le complot Laïquo-judéo-maçonnique qui vide les églises.

L’homosexualité,

… c’est maintenant scientifiquement démontré, n’est pas une maladie, mais une configuration génétique pas plus honteuse que l’hétérosexualité.

Il n’y a plus qu’à espérer que le tellement Mutien ci-dessus, vienne manger sa mitre devant les caméras de télé.

Les Américains renoncent à aller sur la Lune.

Dommage. Quel bon débarras ç’eut été !

Et Paul Gobert va perdre une source d’inspiration.

Bonjour chez vous, s’il n’y personne peut-être que vous vous êtes trompé de porte.

Elle aussi

Décroissant au petit déj

Pour ceux qui n’ont pas mis Les pérégrinations extra-culinaires du camembert qui grinche dans leurs favoris, (tsssss ! je ne leur fait pas mes compliments), voici donc l’adresse à copier : http://www.michel-noirret.net

Mais à ceux qui sont venus jusque là, le camembert  offre en prime un appendice au chapitre précédent, lequel est juste en dessous de celui-ci.

Le Camembert avait bien vu : Copenhague, c’est le bide !

Et il ne pouvait en être autrement.

Alors ? on s’assoit parterre et on pleure ?

Pas tout de suite.

D’abord, il faudrait arrêter de se bercer d’euphémismes : ce n’est pas la planète qui est menacée, elle en a vu d’autres et des pires. C’est nous qui sommes menacés. Nous êtres humains. Pour ceux de mon âge, c’est pas trop grave, nous sommes plus prés du crématorium que de notre première blennorragie (c’est quoi l’équivalent pour les dames ?). Mais les suivants ne vont pas rigoler, car la fin va plutôt être du genre apocalyptique. Il n’y aura pas de cadeau entre survivants du productivisme capitaliste. (On en connait pas d’autre forme de productivisme actuellement)

En finir avec le productivisme capitaliste ? Ça c’est une idée qu’elle est bonne !

Sauf qu’il ne va pas se laisser faire, le bougre. Outre qu’il est armé jusqu’aux dents, qu’il nous flique jusqu’au fond de nos calcifs, ( oui, oui, nos petites culottes aussi, pour rester politiquement correct ) , il a à sa disposition, comme première ligne de défense, une pléthore d’arrivistes, motivés essentiellement par ce qu’ils appellent leur carrière, complétement intoxiqués par l’idéologie diffusée dans les écoles de commerce et de communication.

Ils sont la substance même de partis politiques, toutes tendances confondues et nombre d’ONG. Lesquels ne sont rien d’autre que des structures de pouvoir.

Plus on gravit les échelons dans la structure, plus on a de pouvoir.

La finalité est donc de maintenir et d’agrandir la structure afin de maintenir et d’agrandir son pouvoir. Les idées, les fondamentaux comme ont dit, ayant présidés à la création de la structure ne relèvent plus que du spectacle.

John Saul, dans Les bâtards de Voltaire ( Petite bibliothèque Payot ) explique ça beaucoup mieux que moi.

On vient de voir ces guignols à l’œuvre. Ils ont produit quelques tonnes de CO2 supplémentaires à Copenhague pour la galerie, sachant parfaitement et d’avance ( ils y ont travaillé deux ans) , que ça ne servirait à rien. Mais ils ne pouvaient se dérober, la pression de l’opinion publique étant trop forte. Il fallait donc monter un grand spectacle, à Copenhague, pourquoi pas et s’y montrer, pour l’image.

Rien d’autre. Et le bizness continue comme avant. C’est l’essentiel, non?

Mais il sera vert, le bizness, écolo à fond la caisse : le développement durable va être encore plus tendance dans les conseils d’administration.

Croire au développement durable, ça le fait, comme on dit. Croire en Dieu aussi. Mais dieu ou le développement durable n’existent que dans la tête de ceux qui y croient. Il ne mène à rien, sinon à retarder les échéances : nous sommes trop nombreux.

Plus nos vaches qui pètent et ça ne va pas s’arranger, car il n’y pas grand monde, du moins dans nos riantes contrées développées, prêt à se passer de steak plusieurs fois par semaine.

Notez qu’avec tout ces SDF générés par le productivisme capitaliste, ça fait autant de consommateurs en moins. Ils sauvent la planète, eux ! Ça n’a pas que du mauvais le productivisme capitaliste, faut bien reconnaitre.

A part SDF il y a une idée à essayer : la décroissance.

Arrêter d’acheter la destructrice et inutile verroterie que nous refile le marketing, lequel, comme le disait Caroline Meyer, consiste à chercher de quoi nous n’avons pas besoin, puis à nous le vendre.

Pas facile : car bien souvent, cette verroterie finit pas devenir réellement indispensable. Ce dont elle a pris la place a disparu. Ou les conditions de vie sont devenues telles qu’effectivement l’outil précédent est obsolète. Exemple : les téléphones portables et les téléphones fixes.

Évidemment, si vous comptez sur les guignols dont question ci-dessus pour la mettre en œuvre, la décroissance, c’est que vous croyez encore à ce que les spécialistes de la Com’ appellent la démocratie.

Mais n’en est que le spectacle, les paillettes.

Elle est complètement instrumentalisée par les margoulins dont il est question ici. Ils ont depuis longtemps compris tous les avantages qu’ils pouvaient en tirer, les belles carrières qu’elle leur ouvrait, pour la plus grande tranquillité des banquiers et autres ravageurs de planète, plus la légitimité populaire généreusement octroyée par leur dupes ! Ça en jette, non, élu du peuple ! (Professionnel qui plus est !)

Le modèle, la foi, le credo, la vache sacrée de ces démocrates de JT, (sans exclusive idéologique) c’est, on s’en doute, le productivisme capitaliste, y compris repeint en vert. Ils en sont tellement imprégnés qu’il ne peuvent même pas imaginer comment ça serait possible, la décroissance.

Car le productivisme capitaliste est pour eux une réalité immuable, quasi biologique, minérale, ou en tout cas envoyée par les dieux, voire la main invisible du marché (dans la culotte d’un Zouave ?) . Il est, dès lors, hors de question de concevoir un monde fonctionnant autrement que selon ses principes sacrés.

Ce serait la catastrophe, l’apocalypse ! Par contre détruire notre propre biotope, c’est mignon comme tout, propre sur soi et ça rapporte !

Ajoutons à ce plaisant tableau, la jobardise de tout un chacun et notre peu de goût à vouloir nous passer de ce qui nous détruit lentement mais sûrement.

Qui est prêt à se dispenser de prendre l’avion pour aller se mettre au soleil pendant quelques jours dans quelque pays de rêve ?

De rêve parce qu’on ne fait qu’y passer et qu’on en voit que les paysages de carte postale. Le reste étant soigneusement dissimulé par les Offices de tourisme. Cécité volontaire des uns, roublardise des autres, ça nous fait un beau consensus en faveur des compagnies aériennes et de leurs tonnes de CO2.

Et puis acheter, c’est aussi une manière de se libérer du stress provoqué par ce système aussi imbécile que contraignant.

Acheter ! Ça soulage ! Ça calme ! Ça donne l’impression d’exister, d’être, brièvement, maître de son existence.

Ça permet d’oublier que le travail aliéné, n’a pas pour finalité de nous procurer des moyens d’existence, mais des moyens… de dépenser ! de consommer les inutiles imbécilités que nous produisons ou contribuons directement ou indirectement à produire : même le toubib qui prend soin de la santé du consommateur, du client (citoyen, ou même usager, c’est d’un ringard !) ne vise qu’à le remettre, au plus tôt dans le circuit du productivisme. Même en congé de maladie ! complètement cadenassés.

Nos emblématiques SDF sont bien les pionniers de la décroissance.

Mais si c’est pour en arriver là…

En arriver là, ne rêvons pas, ça en attend beaucoup d’entre nous. Et ça va prendre toutes sortes de formes. Mais soyez assurés qu’une partie, certes minoritaire, comme actuellement d’ailleurs, continuera de se goinfrer.

Et que les démocrates télévisuels continueront de nous demander de voter pour eux afin d’améliorer l’accueil de nos asiles l’hiver quand ça caille, et surtout de fuir les poujadistes qui s’en prennent inconsidérément aux dévoués représentants du peuple, démocratiquement élus, entre autres par les trous-du-cul qui claquent des dents la nuit, sur le trottoir dans leurs cartons.

Alors, comment on la fait la décroissance ?

Si vous attendez qu’un gourou ou un leader charismatique comme on dit, viennent vous donner le mode d’emploi, continuez plutôt à regarder le JT en mangeant des chips.

Bonjour chez vous, s’il n’y a personne, peut-être que vous n’êtes pas chez vous.

Paul Gobert : Le tri

Les filles de Loth

Dans la vie il n’y a pas que les minarets Suisses et les Musulmans qui font chier (voir, ou plutôt écouter, un qui fait pas chier : Abdelwahab Meddeb, http://www.youtube.com/watch?v=UW5l7ySiBDM, un entretien sur la radio suisse romande, le 3 décembre dernier. ).

Sans compter la chronique d’une déception annoncée à Copenhague.

Arrêter les ravages écologiques sans arrêter le productivisme capitaliste, c’est comme vouloir vider, avec un dès à coudre, un seau d’eau, tout en laissant ouvert, au dessus, le robinet qui le remplit.

D’autant plus que les polytocards censés résoudre le problème sont tous des aficionados, plus ou moins déguisés, plus ou moins stipendiés,  du productivisme capitaliste, l’ont toujours encouragé, l’encouragent et l’encourageront encore, jusqu’à la cata finale. Mais ils n’oublieront pas, alors,  de nous demander de voter pour eux afin de nous en sortir !

Un jour il faudra penser à créer un tribunal de Nuremberg du productivisme capitaliste, y compris à titre posthume (spécialement pour le productivisme bolchevique. Je l’appelle comme ça, car si le communisme avait existé quelque part, on aurait bien fini par le savoir ) .

Revenons aux fondamentaux.

Tout d’abord ce beau dessin de Paul Gobert.

Hommage à Franquin et Charlie Chaplin

(Les lumières de la ville)

A vrai dire, on ne quittera pas totalement ceux qui font chier, et depuis longtemps, toutes religions confondues.

On restera dans les parages de leur inspiration malfaisante, l’Ancien testament.

Si d’aventure vous cherchez d’où vient la pensée totalitaire, je vous le recommande : on comprend mieux deux mille ans et quelques d’étouffoirs divers.

Roman pour roman, personnellement, je préfère L’Iliade et l’Odyssée ! C’est quand même nettement plus riche d’humanité, quoique bien plus ancien . Les grecs étaient des géants de la pensée. Ils l’ont quasiment inventée ! C’est autre chose que les nains de jardin judéo-islamo-chrétiens.

Une de mes bien aimables correspondantes, après la publication de l’Ode à la merde, ( voir ce blog du 22 septembre 09 ) m’a fait parvenir, il y a quelques temps déjà, ce texte attribué à Alfred de Musset.

« D’après Robert Desnos :

« On assure que Georges Sand avait promis son amour au poète qui ferait le poème le plus obscène. Victor Hugo et Musset produisirent, le premier, un poème intitulé « Ode à la Merde », le second, « Les filles de Loth ». Il existe une édition clandestine de ces deux poèmes. Sa préface donnait cette explication et ajoutait que Musset avait remporté le prix…

Wikipédia qui sait tout nous dit : « Les filles de Loth s’inspire de l’Ancien Testament, la Genèse, chapitre XIX. Voulant détruire les villes de Sodome et Gomorrhe, Dieu commanda au neveu d’Abraham de fuir la contrée, sans se retourner, « lui, sa femme et ses deux filles ». Pendant la fuite, « la femme de Loth regarda en arrière et devint une statue de sel ». Dans la bible, les filles de Loth sont seulement citées par les substantifs : « les filles », « l’aînée  » et « la plus jeune ». Prénommées par le poète Sarah et Agass, les filles de Loth enivrèrent leur père et couchèrent avec lui pour conserver leur race. L’inceste se justifie dans la Bible pour sauver le genre humain. A contrario, pour le poète, la raison première du coït hétérosexuel et incestueux n’est pas la sauvegarde de l’humanité mais l’assouvissement du plaisir sexuel. Les deux sœurs s’amusent tout d’abord par l’emploi d’attouchements, avant de se livrer à l’interdit absolu, l’inceste paternel. L’acte incestueux tant biblique que poétique est une nouvelle fois commis par la femme et non par l’homme, enivré et donc inconscient. La Genèse réitère donc l’irresponsabilité de l’homme :  » il ne s’aperçut ni quand elle se coucha, ni quand elle se leva. » De même, le poète accentue l’irresponsabilité du père en concluant :  » Loth, en se réveillant n’avait rien vu, ni su. »

Toutes des salopes, quoi.

(J’ai mis des  espaces, autant que possible à la fin des phrases, faute de quoi c’est trop pénible à lire à l’écran !)

LES FILLES DE LOTH

Le vieux Loth ronflait au fond de sa caverne ;
Assises à côté d’une pâle lanterne,
Ses deux filles en pleurs se rappelaient tout bas
Les plaisirs de Sodome et ne s’endormaient pas.

.

L’aînée avait vingt ans, une figure altière,
L’œil bleu et des cheveux rejetés en arrière,
Des trésors sous sa robe et des doigts exercés…

.

La plus jeune était blonde, avait seize ans passés,
Des fruits s’arrondissaient sur sa blanche poitrine
Et son poil frissonnait où l’esprit le devine ;

Les yeux pleins de langueur et de timidité

Cachaient sous leurs cils d’or l’ardente volupté.

Vierges ! Comprenez que deux filles à cet âge

N’ont pas quitté Sodome avec leur pucelage.

.

Elles avaient goûté le breuvage amoureux,
Et leur soif insatiable avait fait des heureux,
Jusqu’au jour redouté du divin châtiment,
Leur vie entière fut détruite en un moment,
Tous les hommes perdus, car il n’en restait pas
Qui pussent désormais jouir de leurs appas !

.

D’où viendra la rosée à leur bouche altérée ? …
« Ne pleure pas ma sœur, ma sœur, que ton âme éplorée
Retrouve quelque espoir. Tiens ! Déshabillons-nous,
J’ai trouvé pour jouir, un moyen simple et doux. »

.

Ainsi parla l’aînée. Déboutonnant sa robe,
Elle montre à sa sœur, avec un double globe
Un ventre satiné qui se trouve en bas
Par un petit triangle couvert de poils ras,
Noirs comme de l’ébène, et doux comme de la soie,
Sarah sourit, s’approche et écarte avec joie
Les lèvres de la trousse, ainsi les vieux Hébreux
Nommaient l’endroit charmant qui les rendait heureux.

.

 » Que faut-il faire Agass ? – Du bout de ton doigt rose,
Chatouille-moi – J’y suis, attends que je me pose
Pour que mon doux bouton s’érige sous ton doigt
Et que j’écarte les cuisses comme toi. « 

.

Et sous leur main, servie d’une amoureuse ivresse,
La symphyse se gonfle et palpite et se dresse.
Enfin n’en pouvant plus et d’amour se pâmant,
Agass donne à sa sœur un doux baiser d’amant.

.

Mais celle-ci lui dit :  » Faisons mieux, ma charmante
Remplaçons notre doigt à la place amusante
Par une langue agile ; et tu verras, ma sœur
Que nos attouchements auront plus de douceur.

.

Oui, sur ton petit ventre, attends que je me couche,
Ta bouche sur mes lèvres, ton poil dans ma bouche
Qu’une douce langue chatouille en l’excitant
Notre bouton de rose encore tout palpitant.

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Que nos corps enlacés se tordent et se roulent,
Que le jus de l’amour sur nos cuisses s’écoule.  »
Sitôt dit, sitôt fait, et bientôt ce doux jeu
Arrose leur trésor d’un liquide onctueux.

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Mais ce sperme infécond ne rappelle les hommes
Que de manière vague.  » Ah ! Sottes que nous sommes,
A quoi rêvons-nous donc quand on a ce qu’il nous faut :
Notre père est bien vieux, mais il est encore chaud.
Il peut bander encor quand les femmes sont belles,
Bien heureux qu’il n’ait pas affaire à des pucelles.

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Mais il ne voudra pas, tant il est scrupuleux,
Nous donner la bouteille où jadis toutes deux
Avons puisé la vie,… où notre pauvre ère,
Allait remplir ses fleurs, teindre son cratère.

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Tâchons de l’enivrer, il aime le bon vin,
Et s’il veut nous baiser, sauvons le genre humain…  »
Chacune sur le chef portait un grand voile noir ;
Loth avec sa lanterne, a demandé, hagard :
 » A qui sont ces tétons dont la blancheur rayonne ?
Ces globes opalins, dont la pointe frissonne ? « 

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Il jette sur Agass des regards polissons,
Ecoute en soupirant les charmeuses chansons
Qu’ensemble ont commencé ses filles toutes nues,
Il croit être à Sodome et, sur ses propres filles
Haletant de planter le bâton de famille,
Il s’élance soudain. Agass l’avait prévu.

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Au ventre paternel, elle saisit tout nu
Le membre recherché par l’ensemble des femmes
S’aperçoit qu’il faut encore qu’elle l’enflamme,
Et, pour mieux en jouir, elle roule à la main
L’instrument qui doit féconder le genre humain.

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 » J’enfanterai, dit-elle, et pour être plus sûre
Adoptons pour jouir la meilleure posture. « 

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Elle tombe à genoux, découvre son cul blanc ;
Le vieux Loth inclinant la tête et s’approchant
Voit le cul : Oh ! Jeune Femme ! Oh ! ma toute belle »,
Dit-il alors, jetant ses deux bras autour d’elle.
Agass, poussant le cul, accroît le mouvement
Car elle connaissait l’effet du frottement.

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Elle se sent mouiller. Aucune jouissance
N’a pourtant assouvi sa brutale espérance.
Un soupir la saisit ; elle porte la main
Je ne sais où.  » Tu n’es pas dans le bon chemin,
C’est à recommencer « , dit-elle à son vieux père.

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Et l’ivrogne à nouveau recommence l’affaire ?
En craignant de manquer, il se laisse guider
A travers les replis qu’il devra féconder.
Agass tressaille. Enfin tout son beau corps frissonne ;
Les os ont craqué. Le père Loth s’en étonne
 » Qu’as-tu donc ? Mon enfant : va donc que je jouisse !
Si je m’en suis douté, que le ciel m’engloutisse ! « 

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Dit le vieux Loth. Agass dit alors à sa sœur :
 » Viens goûter à ton tour la divine liqueur.  »
L’autre aussitôt s’approche et dans ses douces cuisses
Elle montre à son père un doux nid de délices.

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Elle chatouille alors les couilles du taureau,
Prend l’arme tout à coup et la met au fourreau.
Entre ses blanches mains, saisit la vieille épée
Pour la faire entrer plus grosse et mieux trempée.

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Enfin elle se pâme, laisse tomber ses bras,
Le sceptre paternel inondant ses appas.
 » Gloire à Dieu  » se dit-elle,  » à présent j’ai conçu.  »
Loth, en se réveillant n’avait rien vu, ni su. »

Bonnes nouvelles de nos amis les cons !

Depuis que George Bush est rentré d’où il n’aurait jamais du sortir, on a des difficultés à être anti-américain primaire décomplexé.

Avec Obama, il faut ruser. Certes, la vie des Irakiens qui était déjà pas marrante sous Saddam Hussein est devenue un calvaire grâce aux États-Unis.

Certes, les Étasuniens n’avaient plus guère d’autre choix que de plier bagage, quoiqu’ils y soient toujours .

En se retirant, le mal fait et en disant : « Ah ben ça, vous aviez raison ! on a eu bien tort de venir vous embêter! On se casse ! Maintenant démerdez-vous ! Nos amitiés à Madame », ils laissent à l’Irakien moyen les joies sans retenue d’une guerre religieuse, bien entamée… je cherchais un adjectif pour qualifier une guerre religieuse. Mais l’histoire nous montre qu’elle n’en a nullement besoin, elle se suffit à elle-même du point de vue de l’ambiance.

Certes, en Afghanistan les Talibans ont encore de beaux jours devant eux; certes la prison de Gantanamo n’est toujours pas fermée; certes, les États-Unis sont toujours le plus gros pollueur de la planète, etc.

Mais leur président, tout de même, c’est autre chose !

Si on y regarde bien, qu’on pense simplement à Bill Clinton, le dernier président Étasunien normal, qui aimait, souvenons-nous, à se faire dégager les voies respiratoires par son accorte secrétaire, Obama n’a, politiquement j’entends, car personnellement je ne le connais pas, rien d’extraordinaire finalement.

Peut-être était-il doux d’imaginer que la couleur de peau du président ayant changé, les méfaits du productivisme capitaliste allaient cesser…

Bref, les États-unis sont toujours les États-Unis.

L’anti-américain primaire est-il pour autant en passe de sombrer dans la redite ?

Non ! un espoir se lève. L’Amérique profonde, si magistralement incarnée par George Bush a de beaux restes !

Sarah Palin ex-candidate républicaine à la vice-présidence en est l’icône vivante.

Il faut l’encourager ! il faut qu’elle se présente aux prochaines élections présidentielles ! elle pourrait faire encore mieux que George Bush lui-même, si elle est soutenue dans son combat.

Sa dernière intervention publique, relevée par « Courrier international » de cette semaine (26-09-09) est porteuse de tous les espoirs :

 » Si Dieu ne voulait pas que nous mangions des animaux,  comment se fait-il qu’il les ait fait en viande ?  » . . .

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Ca défrise le neurone, hein ! C’est exprès que j’ai mis un large blanc. Ça vous fait la même chose ?

On relit la phrase, calmement. On se demande si c’est possible à ce point… Et puis, oui, c’est possible.

Yes, we can !

Notez que si Dieu avait fait les animaux en légume, on pourrait aussi les manger, il suffirait de les cueillir dans son jardin. Mais, naturellement, on ne serait pas pour autant privé du plaisir de la chasse à la carotte ou au salsifis viandeux, car Dieu à toujours aimé que les tueurs puissent s’épanouir.

Sarah Palin au lieu, comme elle en a l’habitude,  d’aller en Alaska chasser l’ours en hélicoptère et à la mitrailleuse 12.7 ( car si on peut chasser l’ours en hélicoptère et à la mitrailleuse 12.7, c’est que Dieu l’ a voulu – sinon, on se permettrait pas – ce qui fait que l’ours n’a qu’à fermer sa gueule. Il le fait. Preuve que l’ours est une créature soumise à Dieu et donc douce à l’estomac de Sarah Palin. Est-ce qu’on lui demande autre chose ?) Donc, si Dieu avait inversé la viande et les légumes, Sarah Palin irait en Alaska chasser le topinambour en hélicoptère et à la mitrailleuse 12.7.

Il est vrai que j’ai toujours tendance à exagérer : je ne sais pas si la mitrailleuse est autorisée pour la chasse à l’ours.

Qu’importe l’arme, pourvu qu’on ait l’ivresse de tuer. Ours ou courgette, l’essentiel est que ça saigne. Et que ça arrête de bouger bêtement, ça énerve, à la fin.

La réalité m’oblige à un constat assez inquiétant : Sarah Palin, comme les animaux d’ailleurs, est elle aussi, selon la volonté de Dieu, faite en viande…

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Sarah Palin et son fusil, tels qu’en eux-même Dieu les a fait !

Nooooooooon ! Retenez-vous ! Ne faites pas ça !

N’allez pas en manger ! La connerie, à ce point, ça contamine complètement la bidoche.

J’ai un ami ex-anthropophage (ancien bouffeur de curés, trotskyste, recyclé écolo-islamoburkiste, c’est vous dire la douleur du parcours), qui confirme.

Quoi que… On pensait, jusqu’à présent, que les anthropophages étaient les seuls à pouvoir apporter une réponse crédible et définitive à la sempiternelle question : « l’homme est-il bon ?  » Le professeur Moebius, dans un ouvrage éponyme largement illustré, avait, semble-t-il, résolu le problème : l’homme est dégueulasse. Des études plus avancées montrent que ce n’est pas sûr. La réponse qui se dégage actuellement est de l’ordre : « Mon pauvre ami ! Ça dépend ! Question de goût, de savoir-faire du chef ! et les légumes ! ah! les légumes, on ne soulignera jamais assez l’importance des légumes etc. ». Le dilemme reste entier.

Dans un doute aussi cruel la prudence commande l’abstinence.

Et puis, sans une conne, une iconne même, de cette envergure, le monde ne serait-il encore le monde, la vie vaudrait-elle d’être vécue ?

Il faut garder Sarah Palin. On range son couteau et sa fourchette, on replie sa serviette, on cesse de saliver.

En attendant qu’elle soit présidente des États-Unis, lorsqu’on y aura constaté qu’à cause d’Obama ils ont échappé de peu au communisme, il faut qu’elle puisse régulièrement prononcer des oracles théologiques de cette envergure, afin que le peuple de Dieu ne s’en laisse pas conter par les forces du Malin. (Probablement végétarien).

Elle faut qu’elle soit la pythie des temps modernes ! ( La pythie qui vient en mangeant, comme chacun sait ).

Bonjour chez vous, s’il n’y a personne, profitez-en pour vous curer le nez, nul ne vous regarde.

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* Con : nom qu’on attribue à des gens qui n’en ont ni la saveur, ni la profondeur. Léo Campion.

J’ai déjà du le citer je ne sais combien de fois, mais je pense qu’on ne le fera jamais assez.

On s’éclate ?

Quelques uns de mes lecteurs ont trouvé de très mauvais goût l’article et le dessin à propos des suppositoires explosifs.

Hé oui! si l’on peut rire de tout, d’évidence ce n’est pas avec tout le monde.

Sans doute voyaient-ils là une plaisanterie de potache du Camembert.

Alors que les auteurs de la plaisanterie, selon la presse qui rigole pas, Le Figaro et la RTBF, par exemple, sont les joyeux lurons d’Al Quaïda, célèbres comiques qui ne font rire que les gens sérieux. Ils ont d’ailleurs bien fait marrer le prince Saoudien Mohammed bin Nayef. Car il a survécu à l’attentat. Par contre on n’a plus de nouvelles du Kamikaze. Encore un humoriste qui va nous manquer.

Cette nouvelle forme de rigolade, de bon goût, il va sans dire, aux yeux des gens bien élevés, a l’incomparable mérite d’être indétectable. Comme l’humour chez certains culs-pincés, mais surtout dans les aéroports.

Va-t-on vers le toucher rectal obligatoire avant l’embarquement ? Poilade assurée pour les mauvais esprits.

Sic transit gloria vir ! (Du latin à présent ! je vais perdre encore des lecteurs !)

Personnellement, je ne prends JAMAIS l’avion. Par souci écologique, mais surtout parce que j’ai la trouille. Par contre tous les ans je passe un examen de dépistage du cancer (même pas peur !) et, bien sûr, les investigations concernant la prostate ont leurs nécessités. Si un voyage aérien un jour me tente ou s’impose, j’aurais de l’entrainement.

Cela dit, ce sont peut-être bien les mécréants qui parlent le plus de religion.

Y a qu’à lire ce blog.

La mécréantitude, comme on dirait en Charente-Poitou, ne date pas d’aujourd’hui. On peut en juger par l’acharnement, quasiment de puis qu’elles existent, que les religions mettent à la poursuivre. Et à faire croire qu’elle n’existe pas, ou si peu ! Que les peuples sont unanimement dévots. ( Des veaux ? Oui, je sais, mais je ne peux pas m’empêcher)

L’ouvrage dont je vous livre, mieux qu’un long discours, la quatrième de couverture, n’est pas vraiment récent.

Heureusement, il n’y a pas de date de péremption pour les bonnes lectures.

3 imposteurs

L’ART DE NE CROIRE EN RIEN, suivi de LIVRE DES TROIS IMPOSTEURS.

Édition établie et préfacée par Raoul Vaneigem. (Rivages poche/petite bibliothèque, 2003)

« On trouvera ici les témoignages de Thomas Scoto, de Herman de Rijswijck, de Jacques Gruet, de Noël Journet, de Christopher Marlowe et de Geoffroy Vallée, pendu en 1574 pour avoir écrit Le Fléau de la foi, jadis cité sous le titre de L’Art de ne croire en rien.

L’histoire de ce qu’on appelle une pensée libertine et impie contribue à rectifier l’opinion, généralement reçue, d’une époque où la foi et l’esprit religieux régnaient sans partage.

Ouvrage mythique qui hanta la conscience d’un Moyen Age prétendument chrétien, le Livre des trois imposteurs a‑t‑il circulé clandestinement à l’état de manuscrit du Xe au XVIe siècle ? Les deux versions que nous publions ont été rédigées, l’une vers 1668, l’autre en 1713, dans un esprit qui annonce la critique antireligieuse du baron d’Holbach. Depuis Abu Tahir, qui proclama : « En ce monde, trois individus ont trompé les hommes : un berger, un guérisseur et un chamelier », l’accusation d’imposture à l’encontre de Moïse, de Jésus et de Mahomet se trouve plus d’une fois attestée comme un défi à l’oppression religieuse alors omniprésente.  »

Une de mes surprises, dans ce livre , est ce jugement attribué au grand Averroès (mort en 1198), sage parmi les sages, du moins nous dit-on : « La religion judaïque est une loi d’enfants, la chrétienne une loi d’impossibilité et la mahométane une loi de pourceaux »

Ben ça alors ! Le politiquement correct, c’était pas le genre de la maison.

Croyez-moi, déjà, la sagesse n’était plus ce qu’elle était. Pffff !

Bonjour chez vous. S’il n’y a personne, appelez les pompiers. Ça fait de la compagnie.


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