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Ode à la merde

Avant d’entrer dans le vif, une petite mise en bouche, si j’ose dire vu le titre de mon article :

http://www.youtube.com/watch?v=PJTmeVOOcq0

Regardez, ça vaut le coup !

On croirait un extrait du film « Les barons », mais version islamiste. Sans, bien entendu, le moindre deuxième degré. Déjà, là, nos amis peinent à atteindre le premier. Il est vrai que leur prophète était, notoirement, un illettré, doublé d’un sérieux agité du bocal. Ils sont donc dans la ligne ! Et Allah est plus grand que jamais.

On me dira que ça n’a rien à voir avec le sujet de cet article. En y réfléchissant un peu, si !

Mais trêve d’agités du coran.

En septembre dernier, je vous avais proposé une version de cette Ode à la merde, déclamée dans les milieux estudiantins, mais manifestement anonyme.

J’en ai trouvé une version signée.

Elle date de 1807, par Mr de Pèressoncu. Si, si.

En réalité, il s’appelait Pierre Cusson, était un éminent professeur de l’Université de Montpellier, enseignant, les mathématiques, l’hydrographie et la botanique.

Estimé par les savants de l’époque, Linné, nous dit-on, lui dédia un genre, « La cussonia », une allée du Jardin des plantes de Paris porte son nom.

Vous allez lire cela sur un écran d’ordinateur et si d’aventure vous l’imprimez, vous n’aurez, graphiquement, que ce que vous méritez !

Cette Ode à la merde est parue sous forme d’une plaquette très réussie, le genre de publication qui fait honneur à sa bibliothèque, du moins quand on aime les bouquins.

Petite parenthèse, on nous dit qu’une menace planerait sur le livre lui-même depuis l’apparition du livre électronique ( ta mère ?). Je ne pense pas. De même que le cinéma n’a pas tué le théâtre, rien ne remplacera un vrai beau livre, édité avec soin et goût.

D’autres vouent ce livre électronique aux gémonies, considérant que c’est une saloperie industrielle de plus, dont on n’a pas besoin, qu’on va nous imposer, dont on ne pourra plus se passer et la planète va encore en prendre un peu plus plein la gueule.

On se calme.

Comme saloperie industrielle, l’imprimerie, c’est pas non plus !

Depuis, la déforestation, en passant par les divers transports, les machines, les produits servant à la transformation, puis à l’imprimerie etc. c’est un beau désastre ! Et sans doute pourrait-ton se passer de 90% de ce qui est publié. Mais là : stop ! Je n’aimerai pas que ce que j’aime lire se trouve dans les 90% qu’on ne publierait plus.

De plus, le livre, bien que je ne sois pas près de m’en passer, n’est pas une nécessité de l’évolution biologique du genre humain, qui s’en est passé pendant des millénaires. Il nous a, en somme, été imposé, comme produit industriel, depuis l’invention de l’imprimerie par Gutenberg.

Il serait intéressant d’avoir une étude comparée des nuisance écologiques du livre classique et du livre électronique.

Revenons à cette belle plaquette éditée par la collection « KK bouquins », ils n’ont peur de rien aux éditions L’Archange Minotaure, éditeur en plein midi.

De plus l’ouvrage est enrichi de de cinq culs de lampe, peints, nous dit-on, par le Kalloscagathos. Qui c’est cui-là ?

Que nous dit ce bon Monsieur ou Madame Wikipédia :

« Kalos kagathos (en grec ancien: gκαλὸς κἀγαθός) est une expression idiomatique utilisée dans la littérature grecque ancienne. Cette locution est la forme abrégée (il s’agit d’une crase) de kalos kai agathos (καλὸς καὶ ἀγαθός), qui signifie littéralement « beau et bon ».

Cette expression était utilisée pour décrire un certain idéal de l’être humain, tant sur le plan intellectuel que sur le plan physique.

Pour les Grecs, avoir un corps d’athlète allait de pair avec le fait d’être cultivé et vertueux. »

Ça ! il vont y revenir au corps d’athlète, les grecs : plus un poil de gras en trop, le FMI, va y veiller. Pour ce qui est d’être vertueux, là, bien sûr, on rigole, car, comme d’hab,  les dirigeants qui ont mit ce pays dans la merde (c’est le sujet aujourd’hui, je vous le rappelle) n’ont pas été trempés dans le goudron avant d’être enduits de plumes. Ces malandrins sont toujours au pouvoir et pour ce qui est de devenir vertueux eux-mêmes, ça aussi, on peut compter dessus.

Bon alors, on y va ?

Oui, oui, ça vient. Mais je dois vous prévenir que c’est un peu long, que c’est bien scato, et que je ne vous en recommande pas la lecture comme apéro.

Toutefois, si un jour vous êtes invité à un banquet de bienfaisance chez Mme la Baronne, déclamez ce poème au dessert : succès garanti.

Finalement, si, en guise de critique,  je disais de ce texte qu’il est d’un goût à chier, je pense que l’auteur, s’il était encore de ce monde, en serait particulièrement honoré.

Ode à la merde

Que d’une crapule honteuse

Le buveur chante les plaisirs ;

Que l’amant, d’une voix pleureuse,

Fredonne d’ennuyeux soupirs :

Merde charmante! merde pure !

Fille aimable de la nature,

je chante tes attraits divins !

Puisse la lyre que je touche,

Te mettre à jamais dans la bouche

Et dans le nez de mes voisins !

*

J’implorerais, claire Hippocrène,

Le secours vanté de tes eaux,

Si l’on voyait, sur ton arène,

La Merde rouler à grands flots ;

Mais, puisque l’élément humide

Au sacré vallon seul préside,

Vous, Muses, animez mes chants :

A mes regards, troupe savante,

Offrez l’image ravissante

De neuf étrons encore fumants.

*

Que tout s’efforce, que tout chie :

Hommes, femmes, jeunes, barbons,

Que tout cul soit de la partie,

Haut les jupes, bas les caleçons.

Que vois-je! sur plus d’une file

Une troupe, à ma voix docile,

A déjà mis voiles au vent !

L’air soupire, le parfum vole,

Et parmi les sujets d’Éole,

La Merde sort en murmurant (1).

*

La scène change, et me présente

Des objets plus délicieux,

Odeur plus vive et plus piquante,

Spectacle encore plus pompeux.

Non; le pinceau du grand Apelle,

Par le tableau le plus fidèle,

Ne l’exprimerait qu’à demi.

Muses, achevez votre ouvrage ;

Dites ce qu’une telle image

Présente à chaque sens ravi.

*

Essaim nombreux, brillante armée

D’étrons nouvellement mis bas,

Quels plaisirs à l’âme charmée

Offrez-vous et n’offrez-vous pas !

Variété dans la figure,

Élégance dans la tournure,

Coloris diversifiés,

Différents degrés de mollesse,

Fumets exquis de toute espèce,

Goûts, enfin, les plus variés.

*

Lorsque chacun, en sa manière,

M’invite à tracer ses beautés,

Pourquoi tous, par un sort contraire,

Ne pourriez-vous être chantés ?

Étrons mâles, étrons femelles,

Étrons bien nourris, étrons grêles,

Étrons foireux, étrons moulés,

Étrons à face basanée,

Étrons à trogne enluminée,

Étrons sur vous-mêmes roulés.

*

Périsse à jamais la mémoire

Des Sybarites insensés,

Qui mirent une fausse gloire

A vous loger tous entassés !

Lieux d’aisance, lieux à l’anglaise,

Lieux inventés par la fadaise,

Vous ne présentez rien d’entier ;

Pour jouir du spectacle unique

D’un Étron en forme conique,

C’est au grand air qu’il faut chier.

*

On aime à voir de son ouvrage

La correcte proportion;

L’instinct de l’homme le plus sage

L’attache à sa production.

Sitôt qu’il est devenu père,

D’un œil joyeux il considère

L’être auquel il donne le jour ;

Et, tout en se grattant la fesse,

Avec complaisance il se baisse

Pour en admirer le contour (2).

*

Dieux! quel spectacle se prépare !

Quelle nouvelle volupté !

J’aperçois ce peuple tartare,

Au teint jaune, au nez épaté,

Assis sur un trône d’ivoire

Où repose sa sainte Foire,

C’est le grand Lama (3) que je vois !

La Foire coule; on la mitonne ;

En pastilles on la façonne :

Elle est… pour la bouche des rois.

*

Mais laissons ces hordes païennes,

Errer sous leurs âpres climats ;

Les régions européennes

Ont bien aussi leurs grands Lamas !

Princes, de leur merde sacrée

Sucez l’ambroisie épurée !

Pour vous seuls leurs culs sont féconds,

Laissez à nos femmes crédules,

Leurs indulgences et leurs bulles ;

Mais réservez-vous leurs étrons.

*

Que des préjugés de l’enfance

Cesse la tyrannique loi ;

Que les sens et l’expérience

Décident entre vous et moi :

Flairez cette Foire dorée,

Goûtez cette Merde sucrée,

Et ces Étrons musqués surtout :

Puis, dites-moi si la nature

Offre de volupté plus pure

Dans ce qui flatte votre goût ?

*

Gourmands, qui des mets les plus rares,

Goûtez à peine les douceurs ;

Vous, de Flore amateurs bizarres,

Et vous, partisans des senteurs ;

Sur vos délicieuses tables,

Dans vos parterres agréables,

Dans vos sultans, dans vos sachets,

Fut-il jamais rien que n’efface,

Par son parfum, son goût, sa grâce,

Un ambigu d’Étrons tous frais ?

*

Aimable résidu du chyle,

Par qui nos sens sont soutenus,

En renonçant à votre asile,

Nos premiers regards vous sont dus (4).

C’est ainsi que s’explique encore,

Pour la merde qui vient d’éclore,

L’amour vif que nous lui portons ;

Il nous forçait, dans l’âge tendre,

De la contempler, de lui rendre

Des hommages bien plus profonds (5).

*

Un étron du mélancolique

Met en fuite la sombre humeur ;

L’infortuné dysentérique,

Pour chier brave la douleur.

Lorsque, longtemps emprisonnée,

La Merde, en crottins façonnée,

Se prête enfin à nos efforts,

Ou que, liquide et trop contrainte,

Nous lui donnons l’essor sans crainte,

Qui pourrait peindre nos transports !

*

Non ; libre dans son cours, l’urine

N’offrit jamais tant d’agréments ;

Les dons de la chaste Lucine

Sont achetés par les tourments.

Se faisant jour sans violence,

Aux humains la Merde dispense

Des plaisirs innocents et vrais (6) ;

Ah! combien est digne d’envie

L’heureux cul qu’elle gratifie,

Trois fois par jour, de ses bienfaits !

*

Le matin, lorsque la lumière

Du mortel a frappé les yeux,

Il ouvre gaîment sa carrière

Par un étron délicieux.

Un second, non moins agréable,

Après s’être levé de table,

Est du dîner le digne fruit ;

La fin d’une heureuse journée,

Par un troisième est couronnée

Des charmes d’une douce nuit.

*

Des soins d’une mère zélée,

Homme ingrat, reconnais le prix ;

Verra-t-on la merde foulée,

Toujours en butte à tes mépris (7) ?

Si ton cour, que le faux captive,

Par sa beauté, pure, naïve,

Ne veut point se laisser charmer,

Que ses précieux avantages

Enlèvent enfin tes suffrages,

Et te contraignent à l’aimer.

*

Pourquoi cet appareil immense

Dans l’ordonnance d’un festin ?

Pourquoi ce soin, cette dépense,

Ayant la merde sous ta main ?

De tes biens, contempteur bizarre,

Après l’étranger et le rare

Te verrai-je toujours courir ?

Cette Merde, à tes yeux si vile,

Assure à ton goût difficile,

Moins de peine et plus de plaisir.

*

Dans ces lieux où la bonne chère

Offre les plus friands morceaux,

Ton goût à tous les goûts préfère

La Merde de certains oiseaux.

A travers un dégoût funeste,

La nature se manifeste :

Remplis ta destination !

Non; les Merdes les plus exquises

Près de celles que tu méprises,

Ne méritent pas un tel nom (8).

*

Plaidez une cause si belle,

Parlez, animaux délicats (9),

Vous, dont la langue sensuelle

D’un Étron fait un doux repas ;

Parlez, malades prétendues,

Vous à qui vos couleurs perdues (10),

Rendent un goût si naturel :

Du lit de merde où tu reposes,

Plus doux pour toi qu’un lit de roses,

Parle, ombre du grand PAPAREL(11) !

*

Vous tous, qui masquez la nature (12),

De votre art usez les détours ;

L’enfant, séduit par l’imposture,

Boit le suc qui sauve ses jours (13).

Que, d’une écorce revêtue,

La merde ne frappe la vue

Que sous des dehors imposants !

Auteurs d’une erreur salutaire,

Sur une aussi riche matière,

Que ne feront pas vos talents ?

*

Que vos sauces en soient nourries,

Qu’elle compose vos coulis,

Que son suc, aux viandes rôties,

Donne ce brillant coloris !

Crème, pâtés, tourtes, terrines,

Glaces, biscuits, gaufres, pralines,

Que tout chez vous soit aux étrons,

De vos ragoûts, seuls aromates,

Farines, de toutes vos pâtes,

Et sucre de tous vos bonbons !

*

Ne cherchez point au sein de Flore

Des essences pour vos cheveux,

Muguets fringants, la Merde encore

Vous offre un parfum précieux.

Laissez chez le noir insulaire

Cette plante peu nécessaire (14),

Vous qu’elle rend passionnés:

Dans la Merde pulvérisée,

Une volupté plus aisée

Attend vos faméliques nez.

*

L’art sait-il cacher les ravages

Que font la nature et les ans ?

La merde couvre leurs outrages

De voiles encore plus saillants.

Dans ce vermillon favorable,

Puisez tous les jours, sexe aimable,

Un secours que refuse l’art.

Des Hottentotes ingénues

Les grâces ne sont soutenues

Que par le secours de ce fard (15).

*

Mais cet avantage éphémère

Entre-t-il en comparaison

Du service si nécessaire

En un temps de contagion ?

Racontez-nous cette merveille,

Ô vous, renaissante Marseille !

Et, rappelant vos jours de deuil,

Dites, dans cette conjoncture,

Combien la soi-disante ordure

Enleva d’hommes au cercueil (16).

*

Dans cet efficace topique,

La science n’entrait pour rien:

On laissait en paix la tactique

D’Hippocrate et de Galien.

D’une si puissante ressource,

Chacun en soi trouvait la source ;

Noble ou faquin, tout était bon.

Et l’homme défendait sa vie

Des fureurs de l’épidémie,

Sans autres secours qu’un Étron.

*

Reine de tout ce qui respire,

Source du souverain plaisir,

Merde pure, de ton empire

L’homme en vain prétend s’affranchir:

D’une fleur, d’un fruit, d’une plante,

Prenant la figure attrayante,

Tu sais le ranger sous ta loi (17).

Âme de tout ce qui doit naître,

A tout tu communiques l’être,

Et tout, enfin, s’abîme en toi.

*

ENVOI

A deux demoiselles qui faisaient les pâles couleurs avec de la Merde.

Lorsque dans vos fers tout s’engage,

Que tout sent l’effet de vos coups,

Nymphes, recevez un hommage

Que j’ai cru seul digne de vous.

Que la Merde, sous vos auspices,

Des mortels fasse les délices !

Qu’elle trouve en vous un soutien !

Ayez-la sans cesse à la bouche ;

Que sa beauté seule vous touche,

Et, hors elle, n’estimez-rien !

*

NOTES

(1)Exit Vissa furens, putrid&prienuntia Merdae

(2) Quand accroupi dans un coin solitaire,

Le cul au vent, un papier à la main,

Les yeux baissés, le menton sur le sein,

Serrant le ventre, et poussant du derrière,

Nous donnons l’être à cet infortuné,

Se relevant, l’homme le plus austère,

D’un air bénin, lorgne le nouveau né ;

Ces doux regards sont les adieux d’un père,

Qui voit son fils pour la dernière fois…

C…D…

*

(3) Le respect qu’on lui porte est poussé si loin, que ses excréments même sont regardés comme sacrés. Son urine est conservée comme un élixir divin, propre à guérir toutes les maladies. On fait sécher ses déjections les plus grossières; on les réduit en poudre qu’on renferme dans des boîtes d’or, enrichies de pierreries, et on les envoie aux plus grands princes de sa communion, comme des présents d’un prix inestimable. Ces monarques se font un honneur de les porter pendues à leur cou.

NOEL, Dict. de la Fable, au mot DALAI-LAMA.

*

(4)Il n’est presque personne qui, après avoir chié, ne donne au moins un coup d’œil à l’étron qu’il vient de faire qu’elles l’ont très-sain et très-naturel.

*

(5) Les enfants qui ne suivent que l’impulsion de lanature, non seulement se tournent vers l’étron qu’ils ont fait, le regardent, le contemplent, mais même se plaisent à le toucher, à le diviser, à l’analyser.

*

(6) De los gustos sin pecar,

El mayor es el cagar.

*

(7) Les Romains qui étaient nos maîtres, et qui sont encore nos législateurs, respectaient les étrons. Le culte de la déesse Cloacine est une preuve victorieuse de leur bon goût. Le jour de sa fête, les latrines étaient décorées de verdure et de fleurs; peut-être, dit un auteur, que les étrons qui bordaient les avenues, avaient ce jour-là le bouquet sur l’oreille. L’expérience nous prouve que nous aimons prodigieusement la merde; la preuve en est sensible dans les enfants, qui, plus voisins de la nature et de la vérité, regardent plus longtemps leurs ordures que les personnes expérimentées. Voyez sur ce sujet les savants Mémoires de l’Académie de Troyes.

*

(8) FIANTÆUS, dans son Traité d’Anatomie comparée, dit que la merde humaine est beaucoup plus parfaite que celle des autres animaux.

*

(9) Les cochons.

*

(10) Il n’est pas rare de trouver de jeunes filles qui font les pâles couleurs avec de la Merde. On croit assez généralement qu’elles ont le goût malade, tandis qu’elles l’ont très sain et très naturel.

*

(11) M. PAPAREL, homme très-sensuel, mangeait la Merde avec une cuiller d’or. FIANTÆUS nous en a donné la vie dans son Histoire des Gourmets.

*

(12) Cuisiniers, pâtissiers, rôtisseurs.

*

(13) Cosi ail’egro fanciul porgiamo aspersi

Di soavi licor gli orli del vaso ;

Succhi aman, ingannato, intanto ei beve,

e dall’ inganno suo vita ri ceve.

GERUSAL. LIBERAL CANT PRIM.

*

(14) Le tabac.

*

(15) Les Hottentotes chient dans leurs mains, et se peignent le corps et le visage de leurs excréments, pour plaire à leurs maris.

*

(16) On sait que la merde est un préservatif contre la peste les habitants de Marseille, qui eurent la présence d’esprit de s’en frotter, lors de la peste, échappèrent à ce fléau.

*

(17) Personne n’ignore le grand rôle que joue le fumier dans la végétation. Aussi l’auteur prétend-il avec raison que les fruits, les fleurs, les végétaux ne sont que de la merde plus ou moins diversifiée.

*

FIN

*

Bonjours chez vous. S’il n’y a personne, vous pouvez laisser la porte des toilettes ouvertes

On s’éclate ?

Quelques uns de mes lecteurs ont trouvé de très mauvais goût l’article et le dessin à propos des suppositoires explosifs.

Hé oui! si l’on peut rire de tout, d’évidence ce n’est pas avec tout le monde.

Sans doute voyaient-ils là une plaisanterie de potache du Camembert.

Alors que les auteurs de la plaisanterie, selon la presse qui rigole pas, Le Figaro et la RTBF, par exemple, sont les joyeux lurons d’Al Quaïda, célèbres comiques qui ne font rire que les gens sérieux. Ils ont d’ailleurs bien fait marrer le prince Saoudien Mohammed bin Nayef. Car il a survécu à l’attentat. Par contre on n’a plus de nouvelles du Kamikaze. Encore un humoriste qui va nous manquer.

Cette nouvelle forme de rigolade, de bon goût, il va sans dire, aux yeux des gens bien élevés, a l’incomparable mérite d’être indétectable. Comme l’humour chez certains culs-pincés, mais surtout dans les aéroports.

Va-t-on vers le toucher rectal obligatoire avant l’embarquement ? Poilade assurée pour les mauvais esprits.

Sic transit gloria vir ! (Du latin à présent ! je vais perdre encore des lecteurs !)

Personnellement, je ne prends JAMAIS l’avion. Par souci écologique, mais surtout parce que j’ai la trouille. Par contre tous les ans je passe un examen de dépistage du cancer (même pas peur !) et, bien sûr, les investigations concernant la prostate ont leurs nécessités. Si un voyage aérien un jour me tente ou s’impose, j’aurais de l’entrainement.

Cela dit, ce sont peut-être bien les mécréants qui parlent le plus de religion.

Y a qu’à lire ce blog.

La mécréantitude, comme on dirait en Charente-Poitou, ne date pas d’aujourd’hui. On peut en juger par l’acharnement, quasiment de puis qu’elles existent, que les religions mettent à la poursuivre. Et à faire croire qu’elle n’existe pas, ou si peu ! Que les peuples sont unanimement dévots. ( Des veaux ? Oui, je sais, mais je ne peux pas m’empêcher)

L’ouvrage dont je vous livre, mieux qu’un long discours, la quatrième de couverture, n’est pas vraiment récent.

Heureusement, il n’y a pas de date de péremption pour les bonnes lectures.

3 imposteurs

L’ART DE NE CROIRE EN RIEN, suivi de LIVRE DES TROIS IMPOSTEURS.

Édition établie et préfacée par Raoul Vaneigem. (Rivages poche/petite bibliothèque, 2003)

« On trouvera ici les témoignages de Thomas Scoto, de Herman de Rijswijck, de Jacques Gruet, de Noël Journet, de Christopher Marlowe et de Geoffroy Vallée, pendu en 1574 pour avoir écrit Le Fléau de la foi, jadis cité sous le titre de L’Art de ne croire en rien.

L’histoire de ce qu’on appelle une pensée libertine et impie contribue à rectifier l’opinion, généralement reçue, d’une époque où la foi et l’esprit religieux régnaient sans partage.

Ouvrage mythique qui hanta la conscience d’un Moyen Age prétendument chrétien, le Livre des trois imposteurs a‑t‑il circulé clandestinement à l’état de manuscrit du Xe au XVIe siècle ? Les deux versions que nous publions ont été rédigées, l’une vers 1668, l’autre en 1713, dans un esprit qui annonce la critique antireligieuse du baron d’Holbach. Depuis Abu Tahir, qui proclama : « En ce monde, trois individus ont trompé les hommes : un berger, un guérisseur et un chamelier », l’accusation d’imposture à l’encontre de Moïse, de Jésus et de Mahomet se trouve plus d’une fois attestée comme un défi à l’oppression religieuse alors omniprésente.  »

Une de mes surprises, dans ce livre , est ce jugement attribué au grand Averroès (mort en 1198), sage parmi les sages, du moins nous dit-on : « La religion judaïque est une loi d’enfants, la chrétienne une loi d’impossibilité et la mahométane une loi de pourceaux »

Ben ça alors ! Le politiquement correct, c’était pas le genre de la maison.

Croyez-moi, déjà, la sagesse n’était plus ce qu’elle était. Pffff !

Bonjour chez vous. S’il n’y a personne, appelez les pompiers. Ça fait de la compagnie.

Va-t-on manquer de mécréants ?

Il semblerait que non.

Amrani

Ouiiii ! la couverture !… (de Dominique Bearboz).

Le reste ne déçoit pas.

Habib  El Amrani est Marocain du Maroc. Ça doit pas être très rock’n'roll tous les jours d’y être plutôt anar.

Et obsédé sexuel. C’est pas un reproche : il assume. Mais pas seulement. Il se montre fort respectueux de l’objet de son obsession: les femmes, bien qu’il ne fasse pas dans la dentelle, j’allais dire dans le petit doigt en l’air, mais ce n’est pas cette partie de son anatomie qu’il tient le plus en l’air.

Mais pas seulement.

Il est aussi réfractaire à toutes les religions et notamment l’Islam, qu’on a, dit-il, essayé de lui inculquer de force alors qu’il était nul en Arabe. Lui, il est aux premières loges.

De son éducation religieuse ratée, il a surtout gardé une grande fureur contre tous les dogmes, les dogmatiques, leurs larbins, leurs spadassins et leurs béni-oui-ouis, pas nécessairement religieux, d’où qu’ils viennent. Alors, forcément, il n’aime pas trop le monde tel qu’on nous le donne à voir tous les jours.

Choix cornélien

Si parfois je lutte et milite

Souvent mon sexe me limite.

Serait-ce de vivre au Maroc,

Qui donne des idées baroques?

.

Je veux défier l’Amérique.

Que faire alors de cette trique?

J’aimerai combattre Israël,

Pourtant ma tringle est trop cruelle.

.

Je pensais aller voir Fatine

Mais il y a la Palestine,

Je n’en peux plus, mon vit se tend,

Oui, mais alors, l’Afghanistan?

.

L’imbroglio de ce dilemme

Finit pas me donner la flemme.

Je reste donc à la maison

Avec ma foutue bandaison.

.

Pour en finir avec avec les citations, avant de me faire trainer devant les tribunaux par l’éditeur :

Comme Georges Brassens

Moi qui ai quelques fois franchi le Rubicon

Comme Georges Brassens, j’aime de mon balcon

Dans la fraicheur du soir voir passer tous ces cons

Intégristes barbus, b’nis-oui-oui rubiconds…

Etc.

.

L’esthète fera la moue, disant que c’est du vers de mirliton. Mais comme l’auteur n’affiche aucune prétention, les dégâts sont minimes. Et puis devant une belle santé comme ça, moi, je ne fais pas ma chochotte.

En toute irrévérence, rimes dans l’air du temps. Habib El Amrani, éditions BILIKI, 2007. En vente sur www.resolibre.com

Bonjour chez vous. S’il n’y a personne, faites une caresse au chien.

Ode à la masturbation

Pour être politiquement correct, incontestablement le texte suivant est sexiste, homophobe et … phallocrate, car il suppose que la gent féminine ne se masturbe pas. Ce qui est gravement la méconnaître.

Je l’ai trouvé, le texte, pas la gent féminine, dans « Chansons de salles de garde » illustré par Dubout (une merveille, les dessins de Dubout).

Jeune, j’aimais bien les chansons de salle de garde. D’autant que j’ai commencé ma brillante carrière de musicien avec un répertoire emprunté aux carabins et leur disque introuvable aujourd’hui: Le Plaisir des Dieux. Ah! les couplets de « Ô mon berger fidèle » chantés par une vraie soprano et le chœur de vierges par quelques basses bien timbrées…!  Je chantais ça tous les soirs dans une boite lyonnaise « Le cercle François Villon ».  En trois jours et en me marrant bien, je gagnais la même chose qu’en un mois en me faisant chier grave à l’usine.

Puis je m’en suis lassé. Elles racontent toujours la même chose; (les chansons de marins aussi, me direz-vous) mais il y a tout même quelques chefs-d’œuvre  dans ce répertoire.

ODE A LA MASTURBATION

Auteur anonyme

Je hais ces vils auteurs dont la muse impudique,

Réservant ses faveurs aux choses érotiques,

S’exhale en vers ardents, tendres et langoureux

Pour chanter longuement l’amour qu’on fait à deux.

L’un, brûlant trop certain soir d’un violent prurit,

Rime quelque sonnet, prodrome d’un coït.

Un autre, descriptif, vous remplira des pages

Pour vous montrer comment on perd son pucelage.

Un troisième, incompris, provoque par l’obscène

La sénile émotion d’un lubrique mécène.

Un autre dans ses vers, tout dégouttants de sperme,

Sait du jeune écolier fouetter l’épiderme.

Ce genre est bien commun, ces oeuvres bien vulgaires,

Ce que je veux chanter, c’est l’amour solitaire,

L’amour qu’on fait tout seul, sans collaboration,

L’amour indépendant: c’est la masturbation.

Arrière, admirateurs du cloaque utérin,

Lâches et vils servants de l’être féminin!

Savourez le beau sexe, la femme toute nue,

A l’informe grossesse, aux fentes incongrues.

Arrière, vous aussi, immondes pédérastes,

Des sodomiques jeux rénovateurs néfastes!

Vous, du boyau fétide ignobles visiteurs,

Cherchez dans l’excrément â calmer vos ardeurs!

Mais vous tous, qui souffrez d’amoureuses pléthores,

Pour calmer à l’instant le feu qui vous dévore

Et pour vous soulager, n’employez que la main,

Gardez-vous d’implorer le secours du prochain:

Lorsque dans votre chambre de célibataire,

Vous regagnez le soir votre lit solitaire,

Avant de sommeiller, pensez â quelque belle

Et dans vos draps discrets masturbez-vous pour elle.

Méprisez les faveurs des femmes inconstantes,

Méprisez des enfants la marmaille encombrante,

Résultat trop fréquent d’amoureuses prouesses,

Masturbez-vous toujours, masturbez-vous sans cesse.

Riez du maladroit dont le sexe audacieux

Sortit endommagé d’un coït hasardeux;

Fuyez les lupanars; moquez-vous des pucelles,

La main crispée sera votre unique femelle.

Le matin, le midi, le soir, par tous les temps,

Dès que vous êtes seul, prenez votre instrument!

Comme disait Boileau, même quand vous pissez,

Polissez-le sans cesse et le repolissez,

Ne perdez pas courage et par votre patience

Vous pourrez obtenir de doubles jouissances.

Évitez que le sperme en votre testicule

Par longue inaction s’arrête et s’accumule;

C’est un poison certain, c’est le coagulum

Que les anciens nommaient le Cauda venenum.

Beaucoup de débutants, masturbateurs novices,

Ont recours à l’emploi de divers artifices

Et font appel à de sinistres solutions

Pour hâter le moment de l’éjaculation,

Telles que verres de lampe et goulots de bouteilles!

Ne vous abaissez pas à des choses pareilles!

Ce sont, à mon avis, d’indignes procédés,

C’est singer le coït et non se masturber.

C’est en somme adapter ses parties génitales

Sur un vagin plus froid, plus docile, moins sale.

Nos pères ont lutté pour n’être plus esclaves,

Ils ont donné leur sang pour briser leurs entraves.

Sur un autre terrain, prouvons notre vaillance,

Et vouons notre sperme à notre indépendance.

Pourquoi subir la loi d’un sexe différent

Quand tout seul on peut être autonome et content.

Calmons de notre main nos élans amoureux:

Quand on peut jouir seul, pourquoi s’y mettre à deux?

Sainte masturbation, déesse solitaire,

Patronne des couvents, cloîtres et monastères,

Des proscrits de l’amour vision enchanteresse!

Envahis l’univers, règnes-y en maîtresse!

Puisse le monde entier, comblé de tes faveurs,

Tout en se dépeuplant, redevenir meilleur.

Certain du résultat du présent plaidoyer,

Je le termine ici… et cours me masturber.

Diable, diable…

Faux et usage de faux de Michel Claise. Editions Luce Wilquin

En été, sur la chaise longue, un livre ouvert  sur le visage peut être utile pour parer les coups de soleil. Quelque fois, on peut aussi le lire. Le livre, pas le coup. de soleil. La garantie de protection solaire tombe alors. On peut pas tout avoir.

Finalement, faites comme bon vous semble avec le soleil, mais ce livre-ci je vous recommande de le lire plutôt par une nuit d’orage, pleine de fureur céleste, bien à l’abri dans votre chambre; quand même. Avec une pensée furtive pour tous ceux qui, de bon ou de mauvais gré, se trouvent dehors. Frisson de bien-être garanti.

Son thème : Dieu n’existe pas, bien sûr, par contre le diable existe bel et bien. Pas dans quelque coin infernal des cieux ou de la Terre, mais dans la tête de chacun d’entre nous. Et il se délecte à pervertir, à faire tourner en cata nos élans les plus généreux, nos idéaux les plus élevés et toutes ces choses sublimes dont la morale, mais surtout les moralistes, nous rebattent les oreilles. Il faut bien le constater, sans beaucoup de succès, sinon dans les discours.

Le diable est un sale type plutôt sympa, tellement utile qu’on aurait plutôt envie de le ranger au nombre de ses amis quand il tourmente… les autres.

Merci Claise. Je vais essayer de faire plus ample connaissance avec le mien. Quand je pense à tout ce qu’on a à se dire, depuis le temps…


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