Agnostiques, qui par principe n’êtes ni pour ni contre, bien au contraire, comme dit le poète, Dieu, c’est vous !
C’est pas une bonne nouvelle, ça ?! Depuis le temps que vous vous posiez la question de savoir s’il existait vraiment.
Par contre, si vous considériez la question dénuée de tout intérêt, vous pouvez continuer à vaquer de votre petit air mutin, mais vous ne serez jamais Dieu. Faut le savoir. Sauf pour votre maman, bien sûr. Et encore ! Si vous êtes un garçon et si vous avez une mère juive. Attention toutefois, comme le soulignait Paul Watzlawick dans « Faites vous même votre malheur », une mère juive peut très bien être un camionneur italien.
Je recommande d’ailleurs très vivement cet ouvrage à tous ceux de nos amis qui, tout à coup, découvrent que leur existence ne va certes pas très bien, mais pas trop mal non plus, ce qui est inconcevable.
Ils trouveront dans cet ouvrage nombre de conseils pratiques pour vite re-perdre toute confiance en soi, se considérer comme totalement nul (le) , moche, incapable de se faire des amis ou de les garder, de tenir une conversation intéressante, de plaire à qui que ce soit, forcément, avec ces nibards qui tombent ou ces couilles molles, bref, toutes ces sortes de choses qui font les délices d’une vie complètement pourrie.
Amis dans ces dispositions, c’est le moment de vous suicider ! La plupart de vos connaissances sont en vacances, vous ne les emmerderez pas avec vos funérailles. Vous aurez raté même votre enterrement ! Que demande le dépressif !?
Mais Dieu dans tout ça ?
Voilà, voilà.
Jusqu’à présent, le mécréant, pour faire valoir ses arguments, se servait, le naïf, à bout de raisonnements, de toutes les découvertes que la Science propose à l’intelligence humaine et ses environs immédiats. La Science, malheureusement pour elle, est tenue par des gens souvent très embêtants, rigolant peu, tirant quelquefois la langue en public, mais c’est rare, et tenant à démontrer par l’expérience ou même pire, lorsque l’expérience n’est pas possible, les statistiques – quand ce ne sont pas les deux à la fois – que deux et deux font quatre ; quelques fois même des choses encore plus difficiles à admettre pour celui qui refuse de discuter le prophète qui a déclaré que deux et deux font cinq, mais attention : ça peut changer. Et que tu iras en enfer si tu hausses les épaules.
Mécréant et petit raisonneur mesquin, c’est tout du même.
Le croyant, veinard, a toujours eu à sa disposition toute l’étendue de l’imaginaire humain pour contrer les pauvres arguments du mécréant et, d’autre part, ne s’est jamais senti une obligation de preuve. Les mots et leur agencement, contenant, en eux-mêmes, la preuve.
Charles Dawkins, lui-même, avec son livre « Pour en finir avec Dieu », n’en a fini avec rien ! Forcément.
Personnellement, j’en étais arrivé à cette conclusion, purement spéculative ( que vous avez bien déjà du lire dans ce blog, je devrais me relire, je sais !) que Dieu existe bel et bien, mais seulement dans la tête de ceux qui y croient.
Et Basta !
Ah oui ? S’exclame le croyant, qui n’hésite jamais à se servir même d’arguments qu’il conteste chez son contradicteur : « Et comment tu le prouves ? Par la méthode expérimentale ? Les statistiques ? »
Et de ricaner bêtement. Fallait s’y attendre .
Je ne sais pas si le Pr Nicholas Epley ( Epley beaucoup, si, si, il n’est pas vilain garçon apparemment, voir photo ci-dessous)

Le site de Nicholas Epley
a été lui aussi fatigué par les ricanements, en tout cas, il a pris le taureau par les cornes. ( Faut quand même être con pour faire une chose pareille. Selon moi, qui ne connait rien à la tauromachie, le prendre par les couilles, c’est plus prudent. Ça peut se faire en catimini par-derrière. C’est lâche, je sais, c’est petit, mais moins dangereux qu’une approche de face, non ? Enfin, tout dépend, sans doute, de ce qu’on a l’intention de faire au taureau).
Le professeur Epley, foin de discussions oiseuses, à sorti la technologie, la ferraille, le hardware moderne qui ne se discute pas: l’IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique et non pas Institut Royal Météorologique).
Et à partir de là, je résume outrancièrement: Il a découvert que lorsque le croyant en Dieu évoque de Dieu, ça active la même région du cerveau que lorsqu’il s’agit de lui-même. Et aucune autre. Et ça se voit, se photographie même !
Il en conclut, ce bon professeur, que celui qui croit en Dieu est plus égocentrique que celui qui croit, par exemple, à la dictature du prolétariat ou à la main invisible du marché. Ces exemples sont de moi. Vous pensez si j’allais me gêner.
Mais peut-être Nicholas Epley n’avait-il pas dans ses cobayes des adeptes de ces sortes de croyances.
Ou qu’il n’a pas pensé à leur demander.
Personne n’est parfait.
Ou alors, comme la publication est en anglais, il y a des choses qui m’ont échappé. Si bien que je ne sais pas si parmi ses patients il y avait des mécréants complets, comme moi, qui ne croient rigoureusement en rien du tout, voire s’entraînent tous les jours à se débarrasser de toute croyance, par souci de mieux jouir de ce qui existe vraiment et qu’on pourrait améliorer demain.
Il est prudent, le Pr Epley. Plus égocentrique, le croyant mythique, dit-il. Il y a sans doute des choses que la pieuse Amérique n’est pas prête à entendre.
Car la seule manifestation tangible, palpable, incontestable, de l’existence Dieu étant le croyant lui-même, il est fort difficile de s’empêcher de conclure de cette expérience que Dieu et le croyant c’est kif-kif, comme disent les fumeurs de tabac-qui-fait-rire.
Il ne connaît pas son bonheur, le bougre ! Car il est toujours de son avis, le croyant : le sien et celui de Dieu. Si le croyant est raciste, Dieu n’aime pas les nègres, s’il est homophobe, Dieu n’aime pas les pédés, etc. nous dit l’étude du Prf Epley et de ses acolytes.
Pas de conflit, ajoute Noirret. Qui subodore même l’auto-allumage permanent. Parfois ça s’emballe et là, bonjour les dégâts.
Voilà qui explique pourquoi Dieu est amour : comment ne pas aimer une entité supérieure qui vous choie à ce point? Tellement soucieuse de votre petite personne ? Et pas fière avec l’ouvrier, puisque même ouvrier, elle prend soin de vous, comme si vous étiez le roi du pétrole . Qui répond à toutes vos questions, vos soucis, vos inquiétudes, même en pleine nuit, votre sainte ignorance, qu’elle transforme en certitudes, quand c’est utile, surtout si elle se donne l’apparence du doute.
Ça explique aussi pourquoi le croyant déteste le mécréant, rêve de sa disparition et parfois passe aux actes : le croyant n’aime pas qu’on ne l’aime pas ! Voilà tout, qu’on n’aime pas la Vérité, alors qu’il est la Vérité.
Bête comme Dieu ! dira peut-être un jour, grâce au bon professeur Epley, la rumeur publique, consciente de l’injustice faite aux choux.
Arrivés là, vous devriez, raisonnablement, commencer à vous lasser de mes commentaires. Vous pouvez donc maintenant lire toute l’étude à l’adresse suivante :
http://faculty.chicagobooth.edu/nicholas.epley/html/publications.html
Article : Epley, N., Converse, B.A., Delbosc, A., Monteleone, G., & Cacioppo, J. (2009). Believers’ estimates of God’s beliefs are more egocentric than estimates of other people’s beliefs. Proceedings of the National Academy of Sciences, 106, 21533-21538. To download the paper, click here.
C’est en anglais, comme je disais.
Et maintenant, les questions de fond
Un de mes correspondants, Willy W. m’ayant fait parvenir la séquence suivante, je l’en félicitais tout en lui disant que Georges Bush arrivait à faire presque la même chose avec son cerveau. Il me répondit que non car « Il ne réussissait pourtant pas à faire claquer en cadence ses deux hémisphères cérébraux. Le monde entier l’aurait su. Il aurait pu se recycler dans le Music-hall – sauf le respect dû aux artistes de Music-hall. »
Encore un qui ne croit en rien. Tsssss!

A vous de juger et n’oubliez pas de me donner votre avis.
Bonjour chez vous. S’il n’y a personne, c’est que vous êtes parti en vacances.













