Archives de la catégorie : Mauvais esprit, mauvais desseins.

Retour (ne toi pas ! )

J’ai reçu ça d’un certain XXX. (Serait-ce un pseudonyme ??? Rhôôôôôôôô !!!)

Bon, la rentrée, si j’ose ainsi dire, s’annonce plutôt bien.

coucou

Prochain épisode : La vraie vie du Docteur Schweitzer

Avec Arnold Schwartezenegger dans le rôle du coucou. (Pour cinéphiles seulement).

Bonjour chez vous. S’il n’y a personne, sonnez chez le voisin.

Paul Gobert : Créationniste

011 créationniste

C’est pas plus compliqué que ça, le créationnisme !

Quand on pense que, depuis les grecs, les humains se prennent la tête pour essayer de comprendre comment fonctionne l’univers ! La physique, la chimie, la biologie, les mathématiques, la géologie… tout ces trucs vachement compliqués, qu’il faut des années d’études ne serait-ce que pour commencer à comprendre et même pas encore s’en servir….

Alors qu’il suffit d’un bonhomme avec une manivelle.

Oh! attention ! une manivelle métaphysique, hein! C’est autre chose qu’une manivelle pour presser la purée ou faire démarrer une bagnole. Bon d’accord, les jeunes vous n’avez pas connu les bagnoles qui démarraient à la manivelle. En ces temps, automobiliste,  ça demandait de donner de soi. Parfois, même la manivelle ne suffisait pas. Fallait pousser. A plusieurs. Ça créait de la convivialité. Sans compter la boite à outils pour réparer en route. Moins sportif ? Voire ! La reptation sur le dos, sous le moteur, ça faisait travailler la colonne vertébrale. En tout cas,  ça développait la créativité en matière de vocabulaire ordurier. Un peu comme avec Windows, de nos jours.

Créationniste, c’est pas trop fatigant pour la sauce blanche qui clapote entre nos deux oreilles. Quand on ne parvient pas à expliquer quelque chose, parce qu’on ne sait pas, hop! on convoque le grand barbu ( il ne se déplace pas en personne, mais il donne procuration, semble-t-il, à des tas de gens; moi, je dis qu’il n’est pas trop regardant) et tout s’éclaire.

Même quand on sait, mais que ça ne correspond pas à ce qui est dans la Bible, livre d’une très haute tenue scientifique, écrit à une époque où la science et le savoir humain étaient à leur apogée,( dans le désert et derrière le cul des moutons, c’est fou ce qu’on invente; c’est pas comme aujourd’hui) : un coup de grand barbu et ça repart.

L’évolution, ça ne figure pas dans cet ouvrage. Donc, c’est faux. Descendre du singe ! et quoi encore ? avec Dieu qui a fait l’homme à son image…

Descendre du singe, peut-être, mais comme le vers luisant descendait du mégot en disant : « Ben quoi, tout le monde peut se tromper ! »

Mes observations personnelles m’amènent à penser que nombre d’entre nous en sont tombés, du singe.

D’ailleurs, je le trouve plutôt sympa, l’animal. Assez ressemblant et au moins il ne se comporte pas comme un malade mental, acharné à détruire son biotope (et celui des autres espèces dans le même geste).  Je ne vois donc aucun inconvénient à me sentir de sa famille.

Mais notez bien qu’il n’y a pas que la manivelle métaphysique pour expliquer le monde et ses mystères. La manivelle matérialiste scientifique c’était pas mal non plus, dans son genre, aux temps où il n’y avait que les anarchistes à rire, bêtement, comme d’hab, du Marxisme-Léninisme.

Marx étant insuffisant aux yeux des bricoleurs, on y a ajouté un nain de jardin, pour faire joli.

La recherche scientifique se devait de suivre les principes sacrés du Marxisme-Léninisme. Comme le matérialisme scientifique est strictement marxiste, pas moyen de s’égarer. Les résultats, naturellement, devaient être Marxistes-Léninistes. Sinon, poubelle et, putain, j’espère que personne n’a rien vu !

Le croiriez-vous ? Ça marchait à tous les coups !

Si, si !

C’était autre chose que la science de vipères lubriques des ploutocraties occidentales.

La perspective, notion éminemment scientifique, à condition d’être mise en œuvre dans le cadre strict de la ligne du parti et au profit exclusif des larges masses, la perspective, donc, du goulag garantissait les résultats du chercheur.

Trofim Lyssenco, (voir ce mot dans le dictionnaire, ou, si vous être trop feignants sur Wikipédia) savant soviétique abondamment décoré et grand patron de la biologie en URSS a été le phare de cette méthode révolutionnaire.

Il a été mal compris et dénigré par les jaloux, voila tout.

Dommage, on rigolait bien.

Et Paul Gobert dans tout ça ?

Ben, pour dire à peu prés la même chose, il lui faut moins de place.

Bonjour chez vous.

Paul Gobert

000 - censuré-3

000 - censuré-3

Paul Gobert est peintre. Il fut l’élève de Roger Somville. Il a participé à la création de la peinture murale de la station de métro Hankar. Elle fit hurler pas mal de gens à l’époque; je pense que depuis ça s’est calmé. Il  est vrai qu’elle n’est pas de tout repos. Somville non plus. Un des derniers staliniens, un vrai monument; on ne s’en douterait pas car c’est un homme fort agréable. Naturellement, pas avec les ennemis du peuple et les anars sans conscience politique. Il m’avait démasqué. Mais finalement me supportait plutôt bien. Pour ma part, je n’avais rien à voir avec la peinture en question, ni aucune autre, je passais juste de temps en temps casser la croûte et boire des coups avec mes potes qui clachaient dur sous la férule du Maître.

Paul  a enseigné la peinture à l’Académie de Boitsfort. Il a également fait de la BD. Dans l’édition Belge de Pilote et surtout ses environs propices à l’évaporation quasi instantanée du jus de houblon, nous avons eu l’occasion de bien déconner.

Avant, il y avait eu l’aventure Graffiti.

Graffiti était un journal édité par un groupe anarcho-pochetron, dont j’étais membre. Comme on n’avait pas de fric pour payer un imprimeur, on tirait notre mensuel relativement trimestriel, et encore ! ( voir plus loin) en sérigraphie. Je vous raconte pas le boulot ! Le format était celui d’un quotidien de l’époque (France-soir, Le Soir, etc.) on voyait grand. Pour le contenu, par cohérence vis-à-vis du titre on voulait que ça ressemble à un mur de chiottes. C’était complètement réussi. Quatre pages, dont trois d’aphorismes douteux, de proclamations oiseuses, de sentences foireuses, de dessins qu’aujourd’hui on dirait, avec admiration, « spontanés ».

Seule la une était réalisée par un vrai dessinateur. Celle du premier numéro, Willy Wolstajn en était l’auteur, la seconde c’était Paul Gobert. Tous deux n’étaient pas des anarchos-pochetrons, mais d’authentiques membres du Parti Communiste Belge, pas toujours très satisfaits de l’ambiance. Malheureusement, ce deuxième numéro n’est jamais sorti. J’ai encore un exemplaire de la couverture, soigneusement rangé dans une armoire Culox.  Mon chat y est allé dormir et a fait, avec ses griffes, quelques gentils petits travaux créatifs sur cette une historique. On est bien peu de choses.

On vendait ce journal à la criée, avec des arguments de choc :

- Demandez Graffiti, le seul journal qui ne bouche pas les chiottes ! idéal pour emballer le poisson ! La liaison de Mireille Mathieu et Fidel Castro, tous les détails dans Graffiti !

C’était même pas vrai.

Ça se passait en 1970 ou 71, je ne sais plus trop, en pleine effervescence post-soixante huit. A l’époque, Jean-Paul Sartre ne savait plus où donner du Marxisme-Léninisme tendance Nids d’hirondelles et publiait à tout va. C’était aussi un de nos arguments de vente : « Graffiti, le seul journal gauchiste dans lequel Jean-Paul Sartre n’écrit pas. » Ça, c’était vrai.

Paul a très mauvais mauvais esprit et quand il n’aime pas, il ne fait pas dans le chichi. Il a trouvé dans « Les pérégrinations extra-culinaires du camembert qui grinche », une source d’inspiration.

C’est pas moi qui vais le contrarier.


Videos, Slideshows and Podcasts by Cincopa Wordpress Plugin