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Ode à la merde

Avant d’entrer dans le vif, une petite mise en bouche, si j’ose dire vu le titre de mon article :

http://www.youtube.com/watch?v=PJTmeVOOcq0

Regardez, ça vaut le coup !

On croirait un extrait du film « Les barons », mais version islamiste. Sans, bien entendu, le moindre deuxième degré. Déjà, là, nos amis peinent à atteindre le premier. Il est vrai que leur prophète était, notoirement, un illettré, doublé d’un sérieux agité du bocal. Ils sont donc dans la ligne ! Et Allah est plus grand que jamais.

On me dira que ça n’a rien à voir avec le sujet de cet article. En y réfléchissant un peu, si !

Mais trêve d’agités du coran.

En septembre dernier, je vous avais proposé une version de cette Ode à la merde, déclamée dans les milieux estudiantins, mais manifestement anonyme.

J’en ai trouvé une version signée.

Elle date de 1807, par Mr de Pèressoncu. Si, si.

En réalité, il s’appelait Pierre Cusson, était un éminent professeur de l’Université de Montpellier, enseignant, les mathématiques, l’hydrographie et la botanique.

Estimé par les savants de l’époque, Linné, nous dit-on, lui dédia un genre, « La cussonia », une allée du Jardin des plantes de Paris porte son nom.

Vous allez lire cela sur un écran d’ordinateur et si d’aventure vous l’imprimez, vous n’aurez, graphiquement, que ce que vous méritez !

Cette Ode à la merde est parue sous forme d’une plaquette très réussie, le genre de publication qui fait honneur à sa bibliothèque, du moins quand on aime les bouquins.

Petite parenthèse, on nous dit qu’une menace planerait sur le livre lui-même depuis l’apparition du livre électronique ( ta mère ?). Je ne pense pas. De même que le cinéma n’a pas tué le théâtre, rien ne remplacera un vrai beau livre, édité avec soin et goût.

D’autres vouent ce livre électronique aux gémonies, considérant que c’est une saloperie industrielle de plus, dont on n’a pas besoin, qu’on va nous imposer, dont on ne pourra plus se passer et la planète va encore en prendre un peu plus plein la gueule.

On se calme.

Comme saloperie industrielle, l’imprimerie, c’est pas non plus !

Depuis, la déforestation, en passant par les divers transports, les machines, les produits servant à la transformation, puis à l’imprimerie etc. c’est un beau désastre ! Et sans doute pourrait-ton se passer de 90% de ce qui est publié. Mais là : stop ! Je n’aimerai pas que ce que j’aime lire se trouve dans les 90% qu’on ne publierait plus.

De plus, le livre, bien que je ne sois pas près de m’en passer, n’est pas une nécessité de l’évolution biologique du genre humain, qui s’en est passé pendant des millénaires. Il nous a, en somme, été imposé, comme produit industriel, depuis l’invention de l’imprimerie par Gutenberg.

Il serait intéressant d’avoir une étude comparée des nuisance écologiques du livre classique et du livre électronique.

Revenons à cette belle plaquette éditée par la collection « KK bouquins », ils n’ont peur de rien aux éditions L’Archange Minotaure, éditeur en plein midi.

De plus l’ouvrage est enrichi de de cinq culs de lampe, peints, nous dit-on, par le Kalloscagathos. Qui c’est cui-là ?

Que nous dit ce bon Monsieur ou Madame Wikipédia :

« Kalos kagathos (en grec ancien: gκαλὸς κἀγαθός) est une expression idiomatique utilisée dans la littérature grecque ancienne. Cette locution est la forme abrégée (il s’agit d’une crase) de kalos kai agathos (καλὸς καὶ ἀγαθός), qui signifie littéralement « beau et bon ».

Cette expression était utilisée pour décrire un certain idéal de l’être humain, tant sur le plan intellectuel que sur le plan physique.

Pour les Grecs, avoir un corps d’athlète allait de pair avec le fait d’être cultivé et vertueux. »

Ça ! il vont y revenir au corps d’athlète, les grecs : plus un poil de gras en trop, le FMI, va y veiller. Pour ce qui est d’être vertueux, là, bien sûr, on rigole, car, comme d’hab,  les dirigeants qui ont mit ce pays dans la merde (c’est le sujet aujourd’hui, je vous le rappelle) n’ont pas été trempés dans le goudron avant d’être enduits de plumes. Ces malandrins sont toujours au pouvoir et pour ce qui est de devenir vertueux eux-mêmes, ça aussi, on peut compter dessus.

Bon alors, on y va ?

Oui, oui, ça vient. Mais je dois vous prévenir que c’est un peu long, que c’est bien scato, et que je ne vous en recommande pas la lecture comme apéro.

Toutefois, si un jour vous êtes invité à un banquet de bienfaisance chez Mme la Baronne, déclamez ce poème au dessert : succès garanti.

Finalement, si, en guise de critique,  je disais de ce texte qu’il est d’un goût à chier, je pense que l’auteur, s’il était encore de ce monde, en serait particulièrement honoré.

Ode à la merde

Que d’une crapule honteuse

Le buveur chante les plaisirs ;

Que l’amant, d’une voix pleureuse,

Fredonne d’ennuyeux soupirs :

Merde charmante! merde pure !

Fille aimable de la nature,

je chante tes attraits divins !

Puisse la lyre que je touche,

Te mettre à jamais dans la bouche

Et dans le nez de mes voisins !

*

J’implorerais, claire Hippocrène,

Le secours vanté de tes eaux,

Si l’on voyait, sur ton arène,

La Merde rouler à grands flots ;

Mais, puisque l’élément humide

Au sacré vallon seul préside,

Vous, Muses, animez mes chants :

A mes regards, troupe savante,

Offrez l’image ravissante

De neuf étrons encore fumants.

*

Que tout s’efforce, que tout chie :

Hommes, femmes, jeunes, barbons,

Que tout cul soit de la partie,

Haut les jupes, bas les caleçons.

Que vois-je! sur plus d’une file

Une troupe, à ma voix docile,

A déjà mis voiles au vent !

L’air soupire, le parfum vole,

Et parmi les sujets d’Éole,

La Merde sort en murmurant (1).

*

La scène change, et me présente

Des objets plus délicieux,

Odeur plus vive et plus piquante,

Spectacle encore plus pompeux.

Non; le pinceau du grand Apelle,

Par le tableau le plus fidèle,

Ne l’exprimerait qu’à demi.

Muses, achevez votre ouvrage ;

Dites ce qu’une telle image

Présente à chaque sens ravi.

*

Essaim nombreux, brillante armée

D’étrons nouvellement mis bas,

Quels plaisirs à l’âme charmée

Offrez-vous et n’offrez-vous pas !

Variété dans la figure,

Élégance dans la tournure,

Coloris diversifiés,

Différents degrés de mollesse,

Fumets exquis de toute espèce,

Goûts, enfin, les plus variés.

*

Lorsque chacun, en sa manière,

M’invite à tracer ses beautés,

Pourquoi tous, par un sort contraire,

Ne pourriez-vous être chantés ?

Étrons mâles, étrons femelles,

Étrons bien nourris, étrons grêles,

Étrons foireux, étrons moulés,

Étrons à face basanée,

Étrons à trogne enluminée,

Étrons sur vous-mêmes roulés.

*

Périsse à jamais la mémoire

Des Sybarites insensés,

Qui mirent une fausse gloire

A vous loger tous entassés !

Lieux d’aisance, lieux à l’anglaise,

Lieux inventés par la fadaise,

Vous ne présentez rien d’entier ;

Pour jouir du spectacle unique

D’un Étron en forme conique,

C’est au grand air qu’il faut chier.

*

On aime à voir de son ouvrage

La correcte proportion;

L’instinct de l’homme le plus sage

L’attache à sa production.

Sitôt qu’il est devenu père,

D’un œil joyeux il considère

L’être auquel il donne le jour ;

Et, tout en se grattant la fesse,

Avec complaisance il se baisse

Pour en admirer le contour (2).

*

Dieux! quel spectacle se prépare !

Quelle nouvelle volupté !

J’aperçois ce peuple tartare,

Au teint jaune, au nez épaté,

Assis sur un trône d’ivoire

Où repose sa sainte Foire,

C’est le grand Lama (3) que je vois !

La Foire coule; on la mitonne ;

En pastilles on la façonne :

Elle est… pour la bouche des rois.

*

Mais laissons ces hordes païennes,

Errer sous leurs âpres climats ;

Les régions européennes

Ont bien aussi leurs grands Lamas !

Princes, de leur merde sacrée

Sucez l’ambroisie épurée !

Pour vous seuls leurs culs sont féconds,

Laissez à nos femmes crédules,

Leurs indulgences et leurs bulles ;

Mais réservez-vous leurs étrons.

*

Que des préjugés de l’enfance

Cesse la tyrannique loi ;

Que les sens et l’expérience

Décident entre vous et moi :

Flairez cette Foire dorée,

Goûtez cette Merde sucrée,

Et ces Étrons musqués surtout :

Puis, dites-moi si la nature

Offre de volupté plus pure

Dans ce qui flatte votre goût ?

*

Gourmands, qui des mets les plus rares,

Goûtez à peine les douceurs ;

Vous, de Flore amateurs bizarres,

Et vous, partisans des senteurs ;

Sur vos délicieuses tables,

Dans vos parterres agréables,

Dans vos sultans, dans vos sachets,

Fut-il jamais rien que n’efface,

Par son parfum, son goût, sa grâce,

Un ambigu d’Étrons tous frais ?

*

Aimable résidu du chyle,

Par qui nos sens sont soutenus,

En renonçant à votre asile,

Nos premiers regards vous sont dus (4).

C’est ainsi que s’explique encore,

Pour la merde qui vient d’éclore,

L’amour vif que nous lui portons ;

Il nous forçait, dans l’âge tendre,

De la contempler, de lui rendre

Des hommages bien plus profonds (5).

*

Un étron du mélancolique

Met en fuite la sombre humeur ;

L’infortuné dysentérique,

Pour chier brave la douleur.

Lorsque, longtemps emprisonnée,

La Merde, en crottins façonnée,

Se prête enfin à nos efforts,

Ou que, liquide et trop contrainte,

Nous lui donnons l’essor sans crainte,

Qui pourrait peindre nos transports !

*

Non ; libre dans son cours, l’urine

N’offrit jamais tant d’agréments ;

Les dons de la chaste Lucine

Sont achetés par les tourments.

Se faisant jour sans violence,

Aux humains la Merde dispense

Des plaisirs innocents et vrais (6) ;

Ah! combien est digne d’envie

L’heureux cul qu’elle gratifie,

Trois fois par jour, de ses bienfaits !

*

Le matin, lorsque la lumière

Du mortel a frappé les yeux,

Il ouvre gaîment sa carrière

Par un étron délicieux.

Un second, non moins agréable,

Après s’être levé de table,

Est du dîner le digne fruit ;

La fin d’une heureuse journée,

Par un troisième est couronnée

Des charmes d’une douce nuit.

*

Des soins d’une mère zélée,

Homme ingrat, reconnais le prix ;

Verra-t-on la merde foulée,

Toujours en butte à tes mépris (7) ?

Si ton cour, que le faux captive,

Par sa beauté, pure, naïve,

Ne veut point se laisser charmer,

Que ses précieux avantages

Enlèvent enfin tes suffrages,

Et te contraignent à l’aimer.

*

Pourquoi cet appareil immense

Dans l’ordonnance d’un festin ?

Pourquoi ce soin, cette dépense,

Ayant la merde sous ta main ?

De tes biens, contempteur bizarre,

Après l’étranger et le rare

Te verrai-je toujours courir ?

Cette Merde, à tes yeux si vile,

Assure à ton goût difficile,

Moins de peine et plus de plaisir.

*

Dans ces lieux où la bonne chère

Offre les plus friands morceaux,

Ton goût à tous les goûts préfère

La Merde de certains oiseaux.

A travers un dégoût funeste,

La nature se manifeste :

Remplis ta destination !

Non; les Merdes les plus exquises

Près de celles que tu méprises,

Ne méritent pas un tel nom (8).

*

Plaidez une cause si belle,

Parlez, animaux délicats (9),

Vous, dont la langue sensuelle

D’un Étron fait un doux repas ;

Parlez, malades prétendues,

Vous à qui vos couleurs perdues (10),

Rendent un goût si naturel :

Du lit de merde où tu reposes,

Plus doux pour toi qu’un lit de roses,

Parle, ombre du grand PAPAREL(11) !

*

Vous tous, qui masquez la nature (12),

De votre art usez les détours ;

L’enfant, séduit par l’imposture,

Boit le suc qui sauve ses jours (13).

Que, d’une écorce revêtue,

La merde ne frappe la vue

Que sous des dehors imposants !

Auteurs d’une erreur salutaire,

Sur une aussi riche matière,

Que ne feront pas vos talents ?

*

Que vos sauces en soient nourries,

Qu’elle compose vos coulis,

Que son suc, aux viandes rôties,

Donne ce brillant coloris !

Crème, pâtés, tourtes, terrines,

Glaces, biscuits, gaufres, pralines,

Que tout chez vous soit aux étrons,

De vos ragoûts, seuls aromates,

Farines, de toutes vos pâtes,

Et sucre de tous vos bonbons !

*

Ne cherchez point au sein de Flore

Des essences pour vos cheveux,

Muguets fringants, la Merde encore

Vous offre un parfum précieux.

Laissez chez le noir insulaire

Cette plante peu nécessaire (14),

Vous qu’elle rend passionnés:

Dans la Merde pulvérisée,

Une volupté plus aisée

Attend vos faméliques nez.

*

L’art sait-il cacher les ravages

Que font la nature et les ans ?

La merde couvre leurs outrages

De voiles encore plus saillants.

Dans ce vermillon favorable,

Puisez tous les jours, sexe aimable,

Un secours que refuse l’art.

Des Hottentotes ingénues

Les grâces ne sont soutenues

Que par le secours de ce fard (15).

*

Mais cet avantage éphémère

Entre-t-il en comparaison

Du service si nécessaire

En un temps de contagion ?

Racontez-nous cette merveille,

Ô vous, renaissante Marseille !

Et, rappelant vos jours de deuil,

Dites, dans cette conjoncture,

Combien la soi-disante ordure

Enleva d’hommes au cercueil (16).

*

Dans cet efficace topique,

La science n’entrait pour rien:

On laissait en paix la tactique

D’Hippocrate et de Galien.

D’une si puissante ressource,

Chacun en soi trouvait la source ;

Noble ou faquin, tout était bon.

Et l’homme défendait sa vie

Des fureurs de l’épidémie,

Sans autres secours qu’un Étron.

*

Reine de tout ce qui respire,

Source du souverain plaisir,

Merde pure, de ton empire

L’homme en vain prétend s’affranchir:

D’une fleur, d’un fruit, d’une plante,

Prenant la figure attrayante,

Tu sais le ranger sous ta loi (17).

Âme de tout ce qui doit naître,

A tout tu communiques l’être,

Et tout, enfin, s’abîme en toi.

*

ENVOI

A deux demoiselles qui faisaient les pâles couleurs avec de la Merde.

Lorsque dans vos fers tout s’engage,

Que tout sent l’effet de vos coups,

Nymphes, recevez un hommage

Que j’ai cru seul digne de vous.

Que la Merde, sous vos auspices,

Des mortels fasse les délices !

Qu’elle trouve en vous un soutien !

Ayez-la sans cesse à la bouche ;

Que sa beauté seule vous touche,

Et, hors elle, n’estimez-rien !

*

NOTES

(1)Exit Vissa furens, putrid&prienuntia Merdae

(2) Quand accroupi dans un coin solitaire,

Le cul au vent, un papier à la main,

Les yeux baissés, le menton sur le sein,

Serrant le ventre, et poussant du derrière,

Nous donnons l’être à cet infortuné,

Se relevant, l’homme le plus austère,

D’un air bénin, lorgne le nouveau né ;

Ces doux regards sont les adieux d’un père,

Qui voit son fils pour la dernière fois…

C…D…

*

(3) Le respect qu’on lui porte est poussé si loin, que ses excréments même sont regardés comme sacrés. Son urine est conservée comme un élixir divin, propre à guérir toutes les maladies. On fait sécher ses déjections les plus grossières; on les réduit en poudre qu’on renferme dans des boîtes d’or, enrichies de pierreries, et on les envoie aux plus grands princes de sa communion, comme des présents d’un prix inestimable. Ces monarques se font un honneur de les porter pendues à leur cou.

NOEL, Dict. de la Fable, au mot DALAI-LAMA.

*

(4)Il n’est presque personne qui, après avoir chié, ne donne au moins un coup d’œil à l’étron qu’il vient de faire qu’elles l’ont très-sain et très-naturel.

*

(5) Les enfants qui ne suivent que l’impulsion de lanature, non seulement se tournent vers l’étron qu’ils ont fait, le regardent, le contemplent, mais même se plaisent à le toucher, à le diviser, à l’analyser.

*

(6) De los gustos sin pecar,

El mayor es el cagar.

*

(7) Les Romains qui étaient nos maîtres, et qui sont encore nos législateurs, respectaient les étrons. Le culte de la déesse Cloacine est une preuve victorieuse de leur bon goût. Le jour de sa fête, les latrines étaient décorées de verdure et de fleurs; peut-être, dit un auteur, que les étrons qui bordaient les avenues, avaient ce jour-là le bouquet sur l’oreille. L’expérience nous prouve que nous aimons prodigieusement la merde; la preuve en est sensible dans les enfants, qui, plus voisins de la nature et de la vérité, regardent plus longtemps leurs ordures que les personnes expérimentées. Voyez sur ce sujet les savants Mémoires de l’Académie de Troyes.

*

(8) FIANTÆUS, dans son Traité d’Anatomie comparée, dit que la merde humaine est beaucoup plus parfaite que celle des autres animaux.

*

(9) Les cochons.

*

(10) Il n’est pas rare de trouver de jeunes filles qui font les pâles couleurs avec de la Merde. On croit assez généralement qu’elles ont le goût malade, tandis qu’elles l’ont très sain et très naturel.

*

(11) M. PAPAREL, homme très-sensuel, mangeait la Merde avec une cuiller d’or. FIANTÆUS nous en a donné la vie dans son Histoire des Gourmets.

*

(12) Cuisiniers, pâtissiers, rôtisseurs.

*

(13) Cosi ail’egro fanciul porgiamo aspersi

Di soavi licor gli orli del vaso ;

Succhi aman, ingannato, intanto ei beve,

e dall’ inganno suo vita ri ceve.

GERUSAL. LIBERAL CANT PRIM.

*

(14) Le tabac.

*

(15) Les Hottentotes chient dans leurs mains, et se peignent le corps et le visage de leurs excréments, pour plaire à leurs maris.

*

(16) On sait que la merde est un préservatif contre la peste les habitants de Marseille, qui eurent la présence d’esprit de s’en frotter, lors de la peste, échappèrent à ce fléau.

*

(17) Personne n’ignore le grand rôle que joue le fumier dans la végétation. Aussi l’auteur prétend-il avec raison que les fruits, les fleurs, les végétaux ne sont que de la merde plus ou moins diversifiée.

*

FIN

*

Bonjours chez vous. S’il n’y a personne, vous pouvez laisser la porte des toilettes ouvertes

Attention ! l’abus d’élections peut nuire gravement au suffrage universel

Tous les vieux anars vous le diront : si les élections servaient à quelque chose, il y a longtemps qu’elles seraient interdites.

Les jeunes anars vous le diront aussi, mais je ne leur fais pas confiance, je sais à quel point j’étais con quand j’étais jeune.

Mais, tout de même quelle belle idée que le suffrage universel ! Permettre à chacun de choisir autrement que par élimination à coups de fusil ceux qui…

Ceux qui… ? Ceux qui … ?

Ceux qui… nous gouvernent ! Bravo !

Vous restez en deuxième législature ! Félicitations, vous aimez être gouverné.

Moi pas. Mais c’est normal chez le vieil anar, ça guérit jamais. C’est bien là qu’il regrette ses principes et d’avoir revendu le fusil.

Qui nous gouvernent. Même les anars, ce qui est totalement contraire à leurs convictions, certes pas très catholiques, mais qui n’envoient pas pour autant leurs filles à l’école enveloppées dans un drapeau noir afin d’affirmer les opinions de leurs parents. Il vaut mieux d’ailleurs, on pourrait confondre. L’anar, contrairement aux billevesées répandues sur la place publique, est un sage.

Qui nous gouvernent, donc. Plus exactement qui font métier de nous gouverner.

Car élu du peuple c’est un métier.

J’ai déjà écrit des choses là-dessus, je ne sais pas si c’est dans ce blog, plus loin.

Je gagnerai à me relire.

Donc, ceux à qui ça rappelle quelque chose sautent au chapitre suivant.

L’élu du peuple est un professionnel et, sauf en fin de carrière où il a pu se munir, au fil du temps, de toutes sortes de pensions, de jetons de présence et autres activités satellitaires propres à son métier, il n’a souvent comme revenu que celui du mandat que vous lui avez confié.

C’est dire s’il tient à vous ! Qu’il n’a pas intérêt à faire de vagues, mais à vous caresser dans le sens du poil, sinon, c’est chômedu ! ou alors, retour au boulot, tous les jours, avec un chef sur le dos, les collègues qui ricanent, etc. ou encore retourner s’occuper de l’épicerie, avec les fournisseurs pas trop honnêtes, les clients désagréables…

C’est pourquoi l’élu du peuple à besoin de vous.

Vous êtes son casse-croûte, la condition d’une vie sereine, épanouie et la certitude de passer à la télé lorsque ça remue un peu. C’est bon pour l’égo.

Dès lors, vous pensez bien que sa prochaine réélection est son souci immédiat et non le bien public. Sinon dans les discours.

Certes, argumente l’élu, grâce à sa longévité dans le métier il connaît bien ses, comme il dit, dossiers.

Ces sérieux les dossiers. Dans ce cas, son élection à vie s’impose.

Il aura tout le temps d’étudier ses dossiers, ça évitera cette récurrente, coûteuse et un peu ridicule agitation électorale.

Mais croyez-vous qu’il soit humblement reconnaissant de tous les bienfaits que vous lui procurez, autrement qu’en période électorale ?  Oh que non ! Dès que vous avez le dos tourné, vous citoyen muni de toute la puissance de votre bulletin de vote, il n’en fait qu’à sa tête !

Et si vous vous retourniez un peu plus vite, vous pourriez même voir le bras d’honneur.


Et voilà: cette fois, en Belgique, nous avons la preuve définitive qu’en effet si les élections servaient à quelque chose…

On joue inconsidérément avec le bulletin de vote du mieux disposé des électeurs, celui qui va à l’urne spontanément, dès qu’on le lui dit.

Va-t-on en effet voter pour des hommes ou des femmes nouveaux, avec des idées nouvelles, originales, qui vont enfin changer quelque chose à notre ordinaire ? Non ! pour nous sortir de la mouscaille, il faudra élire ceux qui nous y ont mis ! Mieux: l’ont créée de toute l’énergie de leurs petits poings actifs et avec une constance qui force l’admiration.

Le cirque linguistique est un fonds de commerce. Et si penser qu’après ce coup-là, le problème de cette langue qu’on ferait mieux de tourner sept fois dans sa bouche (personnellement, je préfère dans celle d’une douce amie, je n’ai aucune conscience politique, je sais) sera une fois pour toutes jeté aux cabinets de l’Histoire, c’est se fourrer le bulletin de vote dans… dans ce que vous voulez et qui vous amuse. On n’a plus grand chose pour rire en politique, de nos jours.

En finir avec cette question reviendrait à réduire à une funeste oisiveté nombre d’élus du peuple professionnels, et cela des deux côtés de cette étonnante frontière nommée linguistique pour amuser le populo.

Car, ainsi qu’il en est dans toutes les agitations nationalistes,  en réalité, il est surtout question, sous les prétextes les plus nobles, bien sûr, de savoir qui va contrôler le business sur un territoire donné.

Enfin bon, bientôt, pendant quelques secondes, le temps que mettra votre bulletin de vote pour atteindre le fond de l’urne, du moins si l’on a supprimé le vote électronique totalement dépourvu de cet instant de pure poésie, vous aurez le sentiment d’être un citoyen accompli et un peu plus sérieux que cette bande de comiques.

Maintenant, tout en restant dans le sujet, mais pour ceux qui sont un peu las de mon radotage, une anecdote piquante.

Je ne sais trop comment, sûrement par l’intermédiaire de quelque ami douteux, j’en ai plein, ou à l’humour décalé, j’en ai pas mal non plus, je suis tombé sur la page de Fesses-bouc d’une certaine Zoé Genot, élue du peuple professionnelle, tendance Ecolo.

Voici une copie d’écran

Opinions politiques : « Ecolo, fatalement »

Religion : « Laïque modéré ».

De quoi plonger le badaud dans un abime de réflexion, sinon de stupeur.

Ecolo serait une fatalité.

Le Robert, vite ! L’entrée « Fatalité » : «Force surnaturelle par laquelle tout ce qui arrive (surtout ce qui est désagréable) est déterminé d’avance d’une manière inévitable » ou encore « Suite de coïncidences fâcheuses inexpliquées qui semble manifester une finalité supérieure et inconnue ».

Le parti Ecolo, ( je n’ai pas dit l’écologie, ne mélangeons pas tout), conséquence de toutes les calamités ci-dessus ? on tremble !

Trêve de pessimisme. On peut voir les choses autrement et supposer que Zozoé Genot ne pratique pas l’écologie politique, mais l’écologie mystique. Qu’elle organise des messes noires pour modifier le climat,  se sert de poupées vaudou contre ses adversaires politiques.  C’est ça qui serait chic !

Attendons tout de même encore un peu avant de prendre notre carte du parti.

Demandons nous si, loin de superstitions ridicules, la politique d’Ecolo s’élabore, plus rationnellement, dans les sacristies ?

"Si J'enlève mon pater, tu me montres ton noster ?"

A la Chambre comme au confessionnal, le caleçon LAISSEZ VENIR À MOI LES PETITS ENFANTS fibres 100% surnaturelles.

On peut le penser à ce que Zozoé nous dit de ses opinions. Et quand on connait les accointances ecclésiastiques du président (?) ou secrétaire (?) ou je ne sais quoi, de son parti, le doute est au bord de la certitude ! En effet, être royaliste, bon, personne n’est parfait, mais pote du sinistre Leurseigneur (ben oui, c’est pas le mien) Léonard (Ho la la ! que j’ai du mal à retenir un « c » après le « é » ! avec l’âge, j’ai appris à me tenir en public),  lequel vient saluer, en passant, entre amis, les ligues anti IVG en pleine éructation publique, ça relève du credo. Avec un « e », oui, pas un « a ».

Mais revenons à notre élue.

Ce recours, semble-t-il spontané, au « surnaturel » et à une « finalité supérieure et inconnue » par contre explique fort bien cette religion de « laïque modéré ».

Laissons de côté le fait que la laïcité puisse être une religion, je pensais bêtement que c’était l’insulte réservée aux laïcards enragés ! On est mal informés. « Modérément laïque » me semblerait peut-être mieux venu ! Comme euphémisme, évidemment.

Dieu intervenant modérément dans la vie publique, c’est la fatalité, car Allah est grand.

Évidemment, il s’agira de déterminer quand il est modéré et quand il exagère. Que de beaux débats Zozoé Genot va nous offrir le soir à la veillée !

« Ecolo : faire de la politique autrement ! » disaient- ils.

Magnifique !

Ces élans primesautiers de notre amie Zozoé nous délassent des pesanteurs de la langue de bois ordinaire, pire : de l’indigence intellectuelle considérée comme une fatalité professionnelle par nombre d’élus du peuple.

Alors, maintenant, pour être objectif ( mais je ne vois pas ce qui m’y oblige), je devrais aller faire un tour sur les Fesses-boucs d’élus d’autres partis.

Je suis certain qu’on ne doit pas s’y embêter.

Mais si vous croyez que j’ai que ça à faire !

Bonjour chez vous, s’il n’y a personne, c’est que vous êtes peut-être dans un bureau de vote.


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