Qu’est-ce que j’apprends ?

Nos amis les chats-fourrés, les juges, les magistrats, la justice en général manquent tellement de fric

… qu’il n’y a même plus les moyens de publier au Moniteur (journal officiel Belge, pour nos lecteurs étrangers) les places de magistrats disponibles dans tel ou tel arrondissement judiciaire.

Dans un sens, c’est pas plus mal qu’il y ait du chômage dans la profession, du moins du point de vue de la surpopulation carcérale ; déjà qu’on ne s’en sort pas avec le nombre insuffisant de magistrats qui sont au boulot…

Quelle misère !

Misère de la justice ou Justice de la misère ?

Il y a je crois une vingtaine d’années, j’avais proposé une solution à ce problème récurrent, mais évidemment, déjà à l’époque, personne ne m’écoutait ! J’en ai du mérite à persévérer ! Quoique ce soit parfois déprimant de vouloir sauver le monde alors que rien ne prouve qu’il le mérite ! À la décharge du monde, je dirais qu’il n’a jamais rien demandé.

Toutefois, par prudence, à part moi, bien sûr, il vaut mieux se méfier de ceux qui veulent à toute force sauver le monde, c’est-à-dire nous-mêmes. Car nous sommes le monde. Pas les lombrics, les baleines et la mouche drosophile, dont pourtant les gènes ne présentent que 5 % de différence avec les nôtres, ai-je appris récemment dans un colloque scientifique autour d’une fondue au fromage (non, pas au camembert) égayée de liquides fermentés provenant de divers terroirs. Vous pensez bien si j’ai vite rebu un coup pour me remettre d’une telle atteinte à ma dignité d’ivrogne. Mais bon, il y a les écolos pour s’occuper des petites bêtes.

Nous on a Dieu. Et tout de même un peu les écolos en la personne de leur chef de meute, Jean-Michel Javeau-qui-va-t-à- la-messe, ainsi que la presse l’a récemment révélé. Ça explique mieux ce besoin viscéral de sauvetage tous azimuts.

Mais nous sauver de quoi ?

De nous-mêmes.

Pourquoi ?

Parce que nous sommes mauvais.

Par rapport à qui et à quoi ?

Argument de petit raisonneur, selon les sauveteurs autoproclamés.

S’ils se sont aperçus que nous sommes mauvais, c’est parce qu’ils sont un peu meilleurs. Forcément, sinon ils n’auraient rien remarqué.

Faut-il pour autant leur faire confiance ?

J’ai des doutes. Car pour être sauvé, il faut d’abord mourir. On est sauvé qu’après sa mort : on va au Paradis, selon la rumeur.

Ce qui dispense le sauveur d’apporter les preuves du sauvetage.

Être meilleur (que quoi ?) mais mort, ça vous dit ?

Ce qui n’empêche pas les Monseigneurs Léonard, les Saintetés Benoît XVI et autres culs-bénits ou culs-en-l’air (les mosquées nous permettent au moins d’enrichir le vocabulaire anticlérical) de prospérer.

Trêve de métaphysique.

Les pouvoirs politiques ont naguère trouvé une solution élégante pour pallier l’indigence persistante d’un autre service public : La RTBF.

Pour nos lecteurs étrangers — il n’y en a que pour eux — c’est la Radiodiffusion Télévision Belge Française.

Française. Pas francophone. Francophone, ça fait un peu bougnoule et ça renvoie aux contrées plus ou moins tropicales, plus que moins dévastées par les catastrophes naturelles et plus durablement par leurs dirigeants aussi corrompus qu’une coulée de boue, le FMI et la Banque Mondiale. Vous me direz que le Québec n’est pas précisément sous les tropiques. Mais au Québec, justement, c’est pas vraiment des bougnoules, puisqu’ils sont blancs.

Enfin, pas ceux d’origine. Ceux d’origine, c’était des bougnoules, si, si. Rouges. Le bougnoule se reconnaît facilement à sa couleur, ça, on peut pas lui enlever. Et pour ce qui est de la corruption des dirigeants des pays non-bougnoules, nous disons, entre gens civilisés, qu’ils sont d’habiles politiques qui savent se vendre. C’est pas du tout pareil.

Mais ces questions me dépassent un peu. C’est très compliqué le bougnoule. Vous n’avez qu’à voir en France, Sarkozy et son Besson-la-culotte-à-Marianne qui ne s’en sortent pas avec leur galère d’Identité Nationale. Menacée surement par les bougnoules. Qui d’autre, je vous demande un peu ?

Bon, tu t’égares, Edgar ! Reviens à tes moutons, Gaston !

Donc, je vais, devant vous et sans augmentation du prix de votre connexion internet, sauver les finances de la Justice belge.

On dit merci qui ?

Voilà, c’est facile, il suffisait d’y penser : La pub !

J’entends déjà la clameur indignée des citoyens intègres, qui ne s’en laissent pas conter : quoi ! la pub au tribunal. Rhôôôôôô, lui !

Bon. Citoyens intègres, La RTBF serait-elle un service moins service, public, moins public, que la Justice ?

Je me souviens d’un haut fonctionnaire, de gauche (enfin, socialiste, ça tempère), commissaire du gouvernement auprès de la RTBF, annonçant fièrement à un public sélectionné, que ça y était, la pub à la RTBF, c’était fait ! Ouf ! Mais que, bien sûr, gauche oblige, on avait prévu des garde-fous. Je n’ai pas très bien compris lesquels, car il n’avait pas précisé de quel côté étaient les fous. Il n’en avait probablement pas la moindre idée. Les hauts fonctionnaires, ça ne peut pas tout savoir, surtout si on ne le leur demande pas.

Mais bon.

Dans les prétoires, on rencontre aussi des ménagères de plus de 50 ans qui ont de l’espace de cerveau disponible pour Coca-Cola. On y voit des « peoples », des vrais gens aussi, des riches, des pauvres, toutes sortes de personnes qui ont besoin de se changer les idées, de se distraire, de s’amuser, de consommer, surtout dans les circonstances pénibles d’un procès, il faut bien le dire. Voilà un public… j’allais dire captif mais je respecte trop la présomption d’innocence.

Quoi qu’on en dise, ça apporterait une certaine gaité, une légèreté bienvenue, qui, la plupart du temps, fait cruellement défaut au Palais de Justice.

Les robes des avocats, des juges, des procs, vastes espaces publicitaires qui s’ignorent encore, pourraient être utilement mises à la disposition des annonceurs, moyennant rétribution, faut pas rigoler. Ça nous changerait un peu de ces couleurs uniformément rouges et noires en vigueur, qui sont, je le rappelle à mes lecteurs qui ne se doutent de rien, les couleurs de l’anarcho-syndicalisme. C’est du joli !

Au départ, histoire de ne pas trop effaroucher les citoyens intègres, la pub n’interviendrait que dans les suspensions d’audience ; l’entracte, au tribunal.

Après une période d’acclimatation du public, lorsque, tous partis confondus, les politiques auraient fait admettre aux citoyens intègres qu’il s’agirait-là de pragmatisme et non d’idéologie, on pourrait envisager des pubs entre les interventions des témoins, des procureurs, des avocats, etc.

Et pour finir, les audiences seraient interrompues à la guise de la main invisible du marché. Et là, évidemment, rattrapés par l’Invisible, il n’y aurait plus qu’à s’incliner.

Ce ne sont là que les prémices d’un projet plus vaste. On pourrait également par la publicité accroître considérablement les misérables budgets de la Police et de l’Armée. Dans l’immédiat, je me tiens à l’entière disposition du ministre de la Justice pour toute information complémentaire qu’il souhaiterait obtenir.

Ne manquez pas notre prochain épisode : je sauve la sécu.

Howard Zinn est mort.

Certes, ça arrive à tout le monde, pas de quoi écrire à ses parents.

Howard Zinn est un historien états-unien ayant enseigné l’histoire et les sciences politiques à la Boston University, dont il fut professeur émérite. Je ne connais qu’une seule de ses œuvres, mais quelle œuvre : Une histoire populaire des États-Unis.

C’est une brique de 811 pages, elle relate donc l’histoire des obscurs, des sans-grade, des malmenés, des spoliés, des massacrés aux États-Unis, de Christophe Colomb à Georges Bush, la vie, les révoltes, la répression des petites gens, c’est-à-dire le plus grand nombre, de la grande Amérique : les domestiques, les noirs, les Indiens, les artisans, les ouvriers, les fermiers et celles ajoutant à ces conditions le fait d’être femmes.

On est loin des clichés véhiculés par la classe dominante États-Unienne, qui nous les brise menu, nous la font souvent détester. On en apprend de belles, dont on se doutait, mais de les voir minutieusement étalées, ça glace un brin. Ce n’est pas un pamphlet, c’est le livre d’un historien qui a choisi une approche hors des sentiers rebattus.

C’est paru en 2004 aux éditions Agone.

Berlusconi, le grand,

… l’immense Berlusconi, c’est rapporté par le Courrier international, a dit: « Une réduction du nombre des immigrés extracommunautaires en Italie, cela veut dire moins de personnes qui iront grossir les rangs des criminels. » Quel charmant garçon et quelle hauteur de vue ! qui sait de quoi il parle en matière de criminels, lui qui a fait voter des lois pour qu’on ne puisse pas le trainer devant les tribunaux.

C’est le bon sens même, les criminels immigrés ou les immigrés criminels, c’est la même chose et quasiment génétique chez l’immigré (une variété récente du bougnoule, voir plus haut), font une concurrence crapuleusement déloyale aux criminels Italiens. Un immigré, ça se contente de peu : une olive, une tomate, hop ! ça lui fait un repas ! ça couche dehors, ça chie n’importe où, et quand il a une baignoire, c’est pour y tuer le mouton. Dans ces conditions il casse les prix comme il veut.

On tremble pour la Maffia, la Cosa Nostra, etc. toutes institutions honorablement établies et connues du public italien. Une part primordiale du patrimoine culturel de l’Italie, au rayonnement mondial et aux noms autrement poétiques que la Mamadou Connexion, la Famille Mohammed, etc. est directement menacée. Un chef d’État responsable, Berlusconi donc, ne peut laisser brader des valeurs patrimoniales et traditionnelles à des va-nu-pieds, venus des divers trous-du-cul du monde.

Oui, il en a plusieurs.

Seize, Benoît de prénom, Sainteté de fonction,

… a nommé André-Mutien (qui vaut mieux que deux tu l’auras) Marie Léonard, évêque, ou archevêque, je ne sais plus, de Namur, chef de l’Église catholique belge.

Il faudra donc cesser de répandre la rumeur selon laquelle c’est le complot Laïquo-judéo-maçonnique qui vide les églises.

L’homosexualité,

… c’est maintenant scientifiquement démontré, n’est pas une maladie, mais une configuration génétique pas plus honteuse que l’hétérosexualité.

Il n’y a plus qu’à espérer que le tellement Mutien ci-dessus, vienne manger sa mitre devant les caméras de télé.

Les Américains renoncent à aller sur la Lune.

Dommage. Quel bon débarras ç’eut été !

Et Paul Gobert va perdre une source d’inspiration.

Bonjour chez vous, s’il n’y personne peut-être que vous vous êtes trompé de porte.

1 commentaire

  1. Publié le 17 février 2010 à 11 h 55 min | Permalien

    Un peu long l’article, mais dense et empli de bon sens, à mon goût.
    Difficile d’appréhender toutes les nuances de la belgitude, mais savoureux comme un époisse.
    Salut et Fraternité.


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