Attention ! l’abus d’élections peut nuire gravement au suffrage universel

Tous les vieux anars vous le diront : si les élections servaient à quelque chose, il y a longtemps qu’elles seraient interdites.

Les jeunes anars vous le diront aussi, mais je ne leur fais pas confiance, je sais à quel point j’étais con quand j’étais jeune.

Mais, tout de même quelle belle idée que le suffrage universel ! Permettre à chacun de choisir autrement que par élimination à coups de fusil ceux qui…

Ceux qui… ? Ceux qui … ?

Ceux qui… nous gouvernent ! Bravo !

Vous restez en deuxième législature ! Félicitations, vous aimez être gouverné.

Moi pas. Mais c’est normal chez le vieil anar, ça guérit jamais. C’est bien là qu’il regrette ses principes et d’avoir revendu le fusil.

Qui nous gouvernent. Même les anars, ce qui est totalement contraire à leurs convictions, certes pas très catholiques, mais qui n’envoient pas pour autant leurs filles à l’école enveloppées dans un drapeau noir afin d’affirmer les opinions de leurs parents. Il vaut mieux d’ailleurs, on pourrait confondre. L’anar, contrairement aux billevesées répandues sur la place publique, est un sage.

Qui nous gouvernent, donc. Plus exactement qui font métier de nous gouverner.

Car élu du peuple c’est un métier.

J’ai déjà écrit des choses là-dessus, je ne sais pas si c’est dans ce blog, plus loin.

Je gagnerai à me relire.

Donc, ceux à qui ça rappelle quelque chose sautent au chapitre suivant.

L’élu du peuple est un professionnel et, sauf en fin de carrière où il a pu se munir, au fil du temps, de toutes sortes de pensions, de jetons de présence et autres activités satellitaires propres à son métier, il n’a souvent comme revenu que celui du mandat que vous lui avez confié.

C’est dire s’il tient à vous ! Qu’il n’a pas intérêt à faire de vagues, mais à vous caresser dans le sens du poil, sinon, c’est chômedu ! ou alors, retour au boulot, tous les jours, avec un chef sur le dos, les collègues qui ricanent, etc. ou encore retourner s’occuper de l’épicerie, avec les fournisseurs pas trop honnêtes, les clients désagréables…

C’est pourquoi l’élu du peuple à besoin de vous.

Vous êtes son casse-croûte, la condition d’une vie sereine, épanouie et la certitude de passer à la télé lorsque ça remue un peu. C’est bon pour l’égo.

Dès lors, vous pensez bien que sa prochaine réélection est son souci immédiat et non le bien public. Sinon dans les discours.

Certes, argumente l’élu, grâce à sa longévité dans le métier il connaît bien ses, comme il dit, dossiers.

Ces sérieux les dossiers. Dans ce cas, son élection à vie s’impose.

Il aura tout le temps d’étudier ses dossiers, ça évitera cette récurrente, coûteuse et un peu ridicule agitation électorale.

Mais croyez-vous qu’il soit humblement reconnaissant de tous les bienfaits que vous lui procurez, autrement qu’en période électorale ?  Oh que non ! Dès que vous avez le dos tourné, vous citoyen muni de toute la puissance de votre bulletin de vote, il n’en fait qu’à sa tête !

Et si vous vous retourniez un peu plus vite, vous pourriez même voir le bras d’honneur.


Et voilà: cette fois, en Belgique, nous avons la preuve définitive qu’en effet si les élections servaient à quelque chose…

On joue inconsidérément avec le bulletin de vote du mieux disposé des électeurs, celui qui va à l’urne spontanément, dès qu’on le lui dit.

Va-t-on en effet voter pour des hommes ou des femmes nouveaux, avec des idées nouvelles, originales, qui vont enfin changer quelque chose à notre ordinaire ? Non ! pour nous sortir de la mouscaille, il faudra élire ceux qui nous y ont mis ! Mieux: l’ont créée de toute l’énergie de leurs petits poings actifs et avec une constance qui force l’admiration.

Le cirque linguistique est un fonds de commerce. Et si penser qu’après ce coup-là, le problème de cette langue qu’on ferait mieux de tourner sept fois dans sa bouche (personnellement, je préfère dans celle d’une douce amie, je n’ai aucune conscience politique, je sais) sera une fois pour toutes jeté aux cabinets de l’Histoire, c’est se fourrer le bulletin de vote dans… dans ce que vous voulez et qui vous amuse. On n’a plus grand chose pour rire en politique, de nos jours.

En finir avec cette question reviendrait à réduire à une funeste oisiveté nombre d’élus du peuple professionnels, et cela des deux côtés de cette étonnante frontière nommée linguistique pour amuser le populo.

Car, ainsi qu’il en est dans toutes les agitations nationalistes,  en réalité, il est surtout question, sous les prétextes les plus nobles, bien sûr, de savoir qui va contrôler le business sur un territoire donné.

Enfin bon, bientôt, pendant quelques secondes, le temps que mettra votre bulletin de vote pour atteindre le fond de l’urne, du moins si l’on a supprimé le vote électronique totalement dépourvu de cet instant de pure poésie, vous aurez le sentiment d’être un citoyen accompli et un peu plus sérieux que cette bande de comiques.

Maintenant, tout en restant dans le sujet, mais pour ceux qui sont un peu las de mon radotage, une anecdote piquante.

Je ne sais trop comment, sûrement par l’intermédiaire de quelque ami douteux, j’en ai plein, ou à l’humour décalé, j’en ai pas mal non plus, je suis tombé sur la page de Fesses-bouc d’une certaine Zoé Genot, élue du peuple professionnelle, tendance Ecolo.

Voici une copie d’écran

Opinions politiques : « Ecolo, fatalement »

Religion : « Laïque modéré ».

De quoi plonger le badaud dans un abime de réflexion, sinon de stupeur.

Ecolo serait une fatalité.

Le Robert, vite ! L’entrée « Fatalité » : «Force surnaturelle par laquelle tout ce qui arrive (surtout ce qui est désagréable) est déterminé d’avance d’une manière inévitable » ou encore « Suite de coïncidences fâcheuses inexpliquées qui semble manifester une finalité supérieure et inconnue ».

Le parti Ecolo, ( je n’ai pas dit l’écologie, ne mélangeons pas tout), conséquence de toutes les calamités ci-dessus ? on tremble !

Trêve de pessimisme. On peut voir les choses autrement et supposer que Zozoé Genot ne pratique pas l’écologie politique, mais l’écologie mystique. Qu’elle organise des messes noires pour modifier le climat,  se sert de poupées vaudou contre ses adversaires politiques.  C’est ça qui serait chic !

Attendons tout de même encore un peu avant de prendre notre carte du parti.

Demandons nous si, loin de superstitions ridicules, la politique d’Ecolo s’élabore, plus rationnellement, dans les sacristies ?

"Si J'enlève mon pater, tu me montres ton noster ?"

A la Chambre comme au confessionnal, le caleçon LAISSEZ VENIR À MOI LES PETITS ENFANTS fibres 100% surnaturelles.

On peut le penser à ce que Zozoé nous dit de ses opinions. Et quand on connait les accointances ecclésiastiques du président (?) ou secrétaire (?) ou je ne sais quoi, de son parti, le doute est au bord de la certitude ! En effet, être royaliste, bon, personne n’est parfait, mais pote du sinistre Leurseigneur (ben oui, c’est pas le mien) Léonard (Ho la la ! que j’ai du mal à retenir un « c » après le « é » ! avec l’âge, j’ai appris à me tenir en public),  lequel vient saluer, en passant, entre amis, les ligues anti IVG en pleine éructation publique, ça relève du credo. Avec un « e », oui, pas un « a ».

Mais revenons à notre élue.

Ce recours, semble-t-il spontané, au « surnaturel » et à une « finalité supérieure et inconnue » par contre explique fort bien cette religion de « laïque modéré ».

Laissons de côté le fait que la laïcité puisse être une religion, je pensais bêtement que c’était l’insulte réservée aux laïcards enragés ! On est mal informés. « Modérément laïque » me semblerait peut-être mieux venu ! Comme euphémisme, évidemment.

Dieu intervenant modérément dans la vie publique, c’est la fatalité, car Allah est grand.

Évidemment, il s’agira de déterminer quand il est modéré et quand il exagère. Que de beaux débats Zozoé Genot va nous offrir le soir à la veillée !

« Ecolo : faire de la politique autrement ! » disaient- ils.

Magnifique !

Ces élans primesautiers de notre amie Zozoé nous délassent des pesanteurs de la langue de bois ordinaire, pire : de l’indigence intellectuelle considérée comme une fatalité professionnelle par nombre d’élus du peuple.

Alors, maintenant, pour être objectif ( mais je ne vois pas ce qui m’y oblige), je devrais aller faire un tour sur les Fesses-boucs d’élus d’autres partis.

Je suis certain qu’on ne doit pas s’y embêter.

Mais si vous croyez que j’ai que ça à faire !

Bonjour chez vous, s’il n’y a personne, c’est que vous êtes peut-être dans un bureau de vote.

1 commentaire

  1. Yves Kengen
    Publié le 6 mai 2010 à 20 h 39 min | Permalien

    Comme disait l’autre: « Votez Con ! » (vous n’avez pas le choix)


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